Deng Xiapoing, Foxconn et les ouvriers de Shenzhen

La société taïwanaise Foxconn qui produit à Shenzhen, dans le Delta de la Rivière des Perles des composants pour les multinationales Dell, Apple ou Hewlett Packard a annoncé hier, lundi 7 juin 2010, une augmentation de 70% des salaires de ses ouvriers à la suite d’une vague de suicides qui a frappé les membres de son personnel. Cette situation illustre quelques paradoxes à l’œuvre en Asie orientale. D’abord, dans la République Populaire de Chine, le sort de millions d’ouvriers au nom desquels s’était pourtant faite la révolution en 1949, est loin de s’améliorer. Les mingong, migrants des régions rurales sont soumis à des pressions et des horaires infernaux pour 100 euros par mois. Il faut dire qu’en 1980, Deng Xiaoping décide une ouverture de la Chine et la création de zones économiques spéciales (ZES). Dans ces zones, les entreprises étrangères peuvent alors investir, toujours en association (joint venture) avec des entreprises nationales. Elles y bénéficient d’une fiscalité avantageuse et d’une main d’œuvre bon marché. Elles ont le droit d’exporter les produits finis avec des droits de douanes réduits. Située à proximité de Hong Kong, Shenzhen connaît vite un grand succès, et aujourd’hui encore les investissements directs à l’étranger (IDE) y sont nombreux. Autre paradoxe, c’est une entreprise Taïwanaise qui a délocalisé une partie de ses activités à Shenzhen. Rappel, la République Populaire de Chine (Chine) menace régulièrement de ses manœuvres militaires la République de Chine (Taïwan) depuis que les nationalistes s’y sont installés en 1949. En Asie orientale, on peut donc être partenaires économiques et ennemis sur le plan géopolitique.
Manuel Nérée 08/06/10
Barack Obama et le modèle américain.

Le président démocrate des Etats-Unis défend actuellement auprès de ses concitoyens et du congrès américain une réforme du système de santé destiné à garantir, entre autre, une couverture santé pour près de 46 millions d’américains qui en sont actuellement dépourvus. Ces adversaires républicains lui reprochent de remettre en cause ainsi les principes du modèle américain basé sur le respect absolu des libertés individuelles. Ils voient dans l’intervention du gouvernement dans les questions de protection sociale un glissement vers un modèle qualifié de socialiste. Pourtant, Barack Obama n’est pas le premier chef de l’Etat américain à tenter des réformes dans ce domaine. Il est possible de citer parmi ses prédécesseurs John Fitzgerald Kennedy et Bill Clinton. Le président des Etats-Unis rappelle d’ailleurs que la solidarité figure parmi les valeurs des américains en concluant son discours ainsi « S'inquiéter et prêter attention à la situation désespérée des autres, ce n'est pas un sentiment républicain ou démocrate. C'est dans le caractère américain".
Pour en savoir plus sur le modèle américain.
Manuel Nérée, le 13/09/09
Ours vs éleveurs
Deux ours auraient été abattus au printemps dernier en Haute-Ariège a révélé Philippe Lacube de l’ASPAP, association opposée à la réintroduction de l’espèce dans les Pyrénées. Si ces pertes sont confirmées, la population ursine des Pyrénées évaluée à une vingtaine d’individus serait sérieusement réduite. Cet évènement reflète la difficile cohabitation entre les ours et le pastoralisme dans les Pyrénées. Chaque année ces derniers seraient responsables de la disparition de 200 à 300 bêtes dans un cheptel ovin qui comprend 600000 têtes. On a là une illustration des interactions snombreuses entre les différents éléments et acteurs du système montagnard pyrénéen.
Manuel Nérée, le 06-09-09
Poutine et le pacte germano-soviétique

A l’occasion de l’anniversaire des 70 ans du début de la seconde guerre mondiale ( septembre 1939) , Vladimir Poutine, premier ministre russe, a suscité la polémique en déclarant en Pologne : "Nous voyons des tentatives persistantes de suggérer que le déclenchement de la Seconde guerre mondiale ait été rendu possible exclusivement par le pacte Molotov-Ribbentrop". Il pose à nouveau là la question des responsabilités dans l’éclatement du conflit le plus meurtrier de l’Histoire de l’Humanité. S’il est évident qu’Hitler est à l’origine de la seconde guerre mondiale, le pacte germano-soviétique signé le 23 août 1939 est un pacte de non agression qui ôte au dictateur allemand le souci d’être pris entre deux fronts à la suite d’une attaque de la Pologne. Des clauses secrètes prévoient par ailleurs le partage de la Pologne en deux zones d’influence et l’annexion des pays Baltes par la Russie. Alors, pourquoi deux dictateurs aux idéologies fondamentalement antagonistes ont-ils signé un tel accord ? Il est possible de rappeler alors, comme ne se prive pas de le faire Vladimir Poutine, que Staline n’ayant pas été invité à la conférence de Munich en septembre 39, soupçonnait la France et la Grande-Bretagne d’encourager Hitler à regarder vers l’est plutôt que vers l’ouest.
Manuel
Nérée
Nicolas
Sarkozy, la cinquième république et le modèle
américain

Nicolas Sarkozy, président de la République Française,
fera le 22 juin, un discours devant le Parlement (Assemblée
Nationale + Sénat) réuni en congrès à
Versailles. Il utilise là l’une des nouvelles prérogatives
du chef de l’Etat prévue par la révision de la Cinquième
république adoptée en juillet 2008. L’Elysée
annonce que ce ne sera pas un discours de politique générale
- prérogative du Premier ministre - mais un discours ressemblant
de ceux des présidents américains sur l'état
de l'Union. Il y a cependant une différence importante. Le
système politique américain est certes un système
présidentiel. Les pouvoirs du chef de l’Etat sont importants.
Mais, il reste responsable de sa politique devant le congrès
américain. Ceci n’est pas le cas du président dans
le cadre des institutions de la République française
même réformée. Cette situation nouvelle met
dans l’embarras les partis d’opposition. Faut-il participer à
ce congrès au risque de passer pour de simples faire-valoir
de la présidence ? Faut-il pratiquer la politique de la chaise
vide au risque de sembler contester une modification de la constitution
pourtant adoptée démocratiquement ? Le parti socialiste
a fait le choix d’assister au discours sans prendre part au débat
qui le suivra. Les verts et le front de gauche ont décidé
de ne pas y participer.
Manuel
Nérée
Bibendum
et la mondialisation

Le groupe Michelin a annoncé le mercredi 17 juin, la suppression
de 1098postes en France. Il prétend y parvenir sans licenciements.
L’objectif serait de rendre le groupe plus compétitif. Contrairement
à d’autres concurrents, il ne s’agirait pas de préparer
ainsi des délocalisations mais de renforcer les sites européens
selon les responsables de la transnationale (68 usines dans le monde
dont 50 en Europe et en Amérique du Nord). L’usine de Montceau-les-Mines
serait ainsi modernisée. Les transformations des modes de
production se poursuivent donc.
Manuel
Nérée
Omar
Bongo et le réseau Françafrique

Aujourd’hui,
ont lieu les obsèques d’Omar Bongo, l’ancien président
de la république du Gabon. La France a envoyé une
importante délégation comprenant notamment un président
de la République en exercice et son prédécesseur.
Omar Bongo connaissait bien le paysage politique français.
Son arrivée au pouvoir en 1967 doit beaucoup à Jacques
Foccart, secrétaire général chargé des
affaires africaines et malgaches nommé par le général
De Gaulle. Il aurait par ailleurs soutenu certaines candidatures
à l’occasion de différentes élections françaises.
Il faut dire que le pétrole offre à ce pays des revenus
colossaux. Cependant, la situation du Gabon (son IDH 0.677, le place
au 119 rang mondial sur 179), illustre la malédiction de
l’or noir dont sont victimes un certain nombre de pays en retard
de développement, pourtant riches en ressources énergétiques.
Il faut voir là les conséquences d’un système
marqué par la corruption et la prévarication. Avec
la mort d’Omar Bongo disparaît le dernier pilier de la Françafrique.
Manuel
Nérée
Brice
Hortefeux et la sécurité sociale

Alors que la commission des comptes de la Sécurité
sociale annonce un déficit record de 20 milliards d’euros
pour 2009 (9 à 10 milliards pour la branche maladie et 7
à 8 milliards pour la branche vieillesse), Brice Hortefeux,
ministre du travail , évoque la possibilité d’un report
de l’âge de la retraite pour renflouer le système par
répartition. Le gouvernement met en avant l’allongement de
l’espérance de vie (81 ans) et la proportion croissante des
plus de 60 ans (+ de 20% ) dans la population pour avancer cette
piste. Il faut dire que l’évolution démographique
ébranle l’un des piliers du système de protection
sociale mis en œuvre notamment après la seconde guerre mondiale
(état-providence et trente glorieuses) . Certes, cette évolution
est structurelle mais un allongement de la période d’activité
suscite quelques interrogations quand la conjoncture est marquée
par une augmentation du chômage ( 8.2%).
Manuel
Nérée
Benyamin
Netanyahou et le Proche-Orient

Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien a annoncé
dimanche 14 juin qu’il souhaitait reprendre les négociations
avec les dirigeants palestiniens. Il dit accepter l’idée
de la création d’un Etat palestinien à condition que
celui-ci soit démilitarisé et que les palestiniens
reconnaissent l’Etat d’Israël comme l’Etat du peuple juif.
De plus, pour lui la question des réfugiés doit être
réglée hors d’Israël ce qui exclurait un éventuel
retour pour certains palestiniens. Enfin, il exclut un gel des constructions
dans les colonies existantes ce qui ne signifie pas forcément
une poursuite du processus de colonisation. Reste à savoir
si ces propositions sont également acceptables pour le parti
ultranationaliste d’Avigdor Lieberman ( Israël Beteinou) qui
participe au gouvernement ( 15 ministères) avec le Likoud
( droite israélienne-27 ministères)et les travaillistes
( gauche israélienne-13 ministères)
Nérée
Manuel
Mahmoud
Ahmadinejab et les élections présidentielles iraniennes.
Le parcours de l’actuel président de la République
d’Iran est intéressant pour illustrer le programme de terminale
de cette année. Mahmoud Ahmadinejab est issu d’une famille
ayant quitté la campagne du centre iranien pour s’installer
à Téhéran. Malgré cela la famille connaît
la pauvreté dans un pays pourtant riche de pétrole.
Il faut dire que la redistribution des revenus du pétrole
est limitée dans le pays du shah d’Iran cet allié
des Etats-Unis que M. Ahmadinejab qualifie de « marionnette
» des occidentaux. A la fin des années 70, Ahmadinejab
est très impliqué dans le mouvement islamiste étudiant.
Il fait partie des gardiens de la révolution Islamique, les
pasdarans. Après la Révolution Iranienne, en 1979,
il participe à la prise d’otages américains dans l’ambassade
des Etats-Unis à Téhéran. Sa participation
à la guerre Iran-Irak (première guerre du golfe selon
certains) est discutée. Il devient président en 2005.
Il faut bien comprendre que le système électoral Iranien
n’est que très partiellement démocratique puis que
les candidats sont désignés par les autorités
religieuses. Ahmadinejab est un islamiste conservateur. Il souhaite
en effet la réislamisation de la société. Par
exemple, cet amateur de foot a tenté d’imposer une loi selon
laquelle les femmes ne pouvaient assister à des manifestations
sportives masculines. Il relance le programme nucléaire iranien
ce qui lui vaut l’hostilité d’une bonne partie de la communauté
internationale. Son antisionisme forcené s’apparente dans
son discours à de l’antisémitisme. Il vient, non sans
contestations d'être réelu à la présidence.
Nérée
Manuel |