Le Proche et le
Moyen-Orient, enjeux des relations internationales de 1945 à nos jours.
Le Moyen-Orient désigne
les territoires compris entre l’est de la méditerranée, le sud de la Mer Noire,
l’océan indien et l’Iran. Le Proche-Orient
est une partie du Moyen-Orient
située entre la Turquie et l’Egypte sur les bords de la Méditerranée.
Ces deux régions ne constituent pas un espace homogène. Les
climats y sont variés (climat désertique, semi-désertique ou
méditerranéen). La rareté de l’eau en
fait une ressource convoitée et son
inégale répartition peut susciter ou entretenir des conflits. Par contre, le
Moyen-Orient concentre dans certaines régions jusqu’à 64% des gisements prouvés
de pétrole. Ce qui en fait une région stratégique du point de vue énergétique.
Le peuplement est également varié. Cette région habité majoritairement par des
peuples arabes ou arabisés est peuplée également par des perses, des turcs, des
kurdes et des israéliens. La région n’est pas non plus homogène d’un point de
vue culturel. En ce qui concerne la religion, les trois religions du livre y
sont nées et elles y sont représentées. L’Islam est certes majoritaire. Il
n’est cependant pas uniforme. Les musulmans sont de confession sunnite et chiite, mais ces deux
courants se divisent par ailleurs en une grande multitude de rites et de
pratiques.
A partir de 45, dans un contexte de décolonisation et de bipolarisation du monde se pose la
question de la sphère d’influence (soviétique ou américaine)
à laquelle les différents états de la région s’associent. A partir de 1948,
apparaît le problème de la cohabitation entre l’Etat israélien et ses voisins arabes. Dans les années 60-70,
l’Islamisme,
né quarante ans auparavant, se développe pour devenir une préoccupation des
années 2000. Enfin, dans le contexte des trente glorieuses puis dans celui de
la crise économique et environnementale,
les ressources énergétiques font de
cette partie du monde l’un des points chauds de la planète.
Finalement, étudier le Proche et le Moyen-Orient revient à
s’interroger sur la place qu’ils occupent dans les préoccupations et les
stratégies internationales entre 1945 et 2010 ?
I De 1945 à 1956, le Proche et le
Moyen Orient passent de la sphère d’influence européenne….
a- 45-46 : la fin des mandats
coloniaux…..
A la suite de la première guerre mondiale, l’empire Ottoman
est démantelé. La SDN confie à la France et au Royaume-Uni des mandats sur le Liban, la Syrie, la
Palestine, la Transjordanie et l’Irak. Pour la plupart, ces territoires obtiennent leurs indépendances pendant ou
juste après la seconde guerre mondiale. (Irak-32, Liban-43,
Syrie-46, Transjordanie-46)
Mandats : anciennes colonies
allemandes ou possessions ottomanes confiés à l'administration d'Etats
vainqueurs de la première guerre mondiale par la société des nations.
b- ….correspond au renforcement de
l’influence économique américaine.
Les compagnies
pétrolières américaines sont présentes dans la région dès les années
30. (Iraq Petroleum Company,
Standard Oil Company of California). En 1945, FD Roosevelt garantit au roi
d’Arabie Ibn Seoud un soutien militaire permanent des EU (base militaire de Dharhan) contre l’assurance que seule
la compagnie ARAMCO (Arabian Américan Oil Compagny créée en1944)
pourrait opérer en Arabie.
c- Tandis que les soviétiques échouent
dans leurs tentatives contre l’Iran.
En décembre 1945, les soviétiques qui convoitent le pétrole iranien
soutiennent le séparatisme de l’Azerbaïdjan. Mais, avec l’aide
militaire des EU, le Shah d’Iran Reza
Palavi reprend le contrôle de son territoire. En
1951, son premier ministre, Mohammad Mossadegh projette de nationaliser le
pétrole iranien. Il est renversé avec le soutien des services secrets
britanniques et américains. Le Shah confie finalement l’exploitation
du pétrole à un consortium rassemblant des compagnies américaines, britanniques
et françaises. En 1955, le pacte de Bagdad fait de l’Iran un allié des
EU.
d- En 1948, avec la naissance d’Israël,
les britanniques se retirent de Palestine.
En 1917, le gouvernement
britannique par la Déclaration Balfour
promettait d’aider à la réalisation d’un « foyer national juif » en
Palestine. Or une promesse équivalente avait été faite aussi aux arabes en rébellion contre l’empire
ottoman au même moment. Au sortir de la première guerre mondiale, le mandat sur la Palestine est confié aux britanniques. Au sortir de
la seconde guerre mondiale, la légitimité de la création d’un état israélien
est renforcée. Les britanniques qui ne
parviennent pas à régler la question de la cohabitation des Israéliens et des
Arabes confient finalement le problème à
l’ONU. Cette dernière se déclare le 29 novembre 1947, favorable à la partition
de la Palestine et propose une carte où Jérusalem est internationalisée. Le
14mai 1948 est proclamée l’indépendance d’Israël. Mais, le lendemain de cette
proclamation, Israël est attaqué par cinq
armées arabes (Egypte, Transjordanie, Syrie,
Liban, Irak) et par les Palestiniens qui n’acceptent pas la partition. Israël
résiste. Au terme de cette guerre en 1949, la
Palestine n’existe plus, près de 700 000 palestiniens sont réfugiés dans les
pays arabes voisins, dans la bande de Gaza et en Jordanie.
e- En 1956, la crise de Suez marque le
déclin de la puissance européenne dans la région.
En juillet 56, désireux de
financer un ambitieux projet de barrage sur le Nil, le président égyptien
Nasser se rapproche des soviétiques et décide de nationaliser le canal de
Suez. La plupart des actionnaires étaient français et Britanniques. Les deux
puissances réagissent donc et préparent avec Israël une opération baptisée
« mousquetaire ». Le 29 octobre les troupes Israéliennes attaquent donc
l’Egypte et envahissent le Sinaï. Le 5 novembre, un corps franco-britannique de
60000 hommes débarque en Egypte en provenance de Chypre en prétendant séparer
les forces israéliennes et égyptienne. Les alliés semblent l’emporter
rapidement mais les Soviétiques menacent Paris et
Londres de leurs missiles et les Américains font pression pour
que l’opération soit stoppée. Israël doit reculer. Les puissances coloniales
sont vaincues, Israël est tenté par un
rapprochement EU et Nasser remporte une
victoire diplomatique majeure.
Conclusion : Cette période correspond donc à la
fin des dominations coloniales dans la région tandis que les deux grands font
déjà sentir avec plus ou moins de succès leurs influences. On assiste également
à la naissance d’un Etat, Israël, isolé
dans un environnement majoritairement arabe et musulman.
II ….......à celles des deux
superpuissances de la Guerre Froide 1956-1989.
a- (1956-1967) Le rapprochement soviéto-égyptien, reflet de l’échec du nassérisme et de la
tentative de non-alignement.
Nasser
promeut au Moyen-Orient une variante du panarabisme : le nassérisme.
Il le met d’ailleurs en application en tentant en 1958 l'union des pays arabes.
Il proclame en effet la République Arabe
Unie associant la Syrie et l'Egypte. Mais cette union est dissoute dès1961.
Nasser
s’affiche également comme l’un des champions du non-alignement. Il est
d’ailleurs l’un des artisans de sa définition à Belgrade en 1961 en compagnie
de Tito et de Nehru. Mais le non-alignement est difficile
à tenir. Ainsi se rapproche-t-il de l’URSS
notamment pour la réalisation du barrage d’Assouan dans les années 60-70.
Panarabisme : Doctrine politique visant à unir tous
les peuples de langue arabe et à développer entre eux des liens de solidarité.
Nassérisme : nationalisme arabe, idéologie
laïque et moderniste qui revendique l’identité arabe.
Non-alignement :
Mouvement réunissant
de nombreux pays du tiers-monde et la Yougoslavie refusant la domination des
deux grandes puissances.
b- (1967-1978) Dans le contexte des
guerres Israélo-arabes, Israël devient un allie privilégié des EU.
1967 : La guerre des
six jours. (la troisième guerre Israélo-arabe)
En 1967, Israël craint la
menace syrienne ou égyptienne. Les Israéliens attaquent donc sur tous les
fronts. Les aviations égyptiennes et syriennes (matériel en grande partie soviétique) sont détruites au sol. Tsahal
(armée Israélienne) progresse vers le
Golan (l’un des rares
« châteaux d’eau » de la région),
le Sinaï, la Bande de Gaza et la Cisjordanie. L’ensemble de Jérusalem est
annexé. La résolution 242 de l’ONU demande le retrait des territoires occupés
par Israël et la reconnaissance du droit de toutes les nations de la région à
vivre en paix. Israël n’est pas pour autant isolé sur
la scène internationale. L’Etat hébreu
devient alors un allié privilégie des Etats-Unis dans la région. Par-contre, De Gaulle inscrit alors la France dans une longue
tradition de politique étrangère plutôt pro-arabe (discours du peuple d'élite,
sûr de lui-même et dominateur).
1973 : La guerre du
Kippour. (la quatrième guerre Israélo-arabe)
Dans le plus grand secret
l’attaque d’Israël est préparée notamment par le nouveau dirigeant égyptien
Anouar el-Sadate. Le 6 octobre 1973 jour de la fête juive du Yom Kippour est
lancée l’offensive éypto-syrienne au Nord et au sud
d’Israël. 10 jours plus tard, Israël reprend l’initiative et les parachutistes
de Sharon parviennent à établir une tête de pont à l’ouest du canal de Suez et parviennent
à encercler la 3ème armée égyptienne. Les
pays arabes soutiennent l’offensive égypto-syrienne en augmentant le prix du
baril de pétrole et en décidant un embargo
total envers le E-U et les Pays-Bas. Il faudra la menace d’une intervention unilatérale de l’URSS et la mise en alerte nucléaire des
E-U pour que le conflit cesse. La guerre du
Kippour a été la plus internationalisée du Proche-Orient. Finalement, Anouar
el-Sadate accepte de négocier avec Israël où il se rend en 1977. Il négocie en 1978 les accords de camp David aux Etats-Unis.
L’Egypte reconnaît Israël qui évacue le Sinaï.
Pour en
savoir plus consultez cette leçon sur le Proche-Orient
c- La question palestinienne devient un facteur de déstabilisation.
En 1964, est créée l’, Organisation de la Libération de la
Palestine (OLP) qui rassemble plusieurs organisations palestiniennes dont
le Fatah de Yasser Arafat. En 1969, le Fatah prend le contrôle de l’OLP et impose la lutte armée comme moyen de libération de la Palestine. Chassé de Jordanie par
le roi Hussein, à l’issue d’une tentative de déstabilisation (1970-septembre
noir) l’OLP se réfugie au Liban. Cette
menace terroriste pèse sur Israël (détournement d’avion, prise d’otage de
Munich par le groupe septembre noir-1972).C’est entre autres pour cette raison
qu’Israël lance en juin 82, l’opération Paix en
Galilée (La cinquième
guerre israélo-arabe). Israël
souhaite frapper la base stratégique de l’OLP. L’armée Israélienne envahit le
Sud-Liban jusqu’à Beyrouth et accède à un fleuve
important pour les activités agricoles : le Litani. Le 18 septembre 1982, des miliciens maronites encadrés
par l’armée israélienne d’Ariel Sharon massacrent des civils palestiniens dans
les camps de Sabra et Chatila. Israël se retire du
Liban en 1985, mais conserve une zone de sécurité au Sud-Liban de 10 km de
large.
d- Le développement de l’Islamisme
L'islamisme est un
projet qui vise à partir du pouvoir d'État à créer un système politique
totalisant qui gérerait tous les aspects de la société, de l'économie en
s'appuyant sur les seuls fondements de l'Islam et en refusant le pluralisme
politique (Olivier Roy). Apparu dans les années 20, il est théorisé par des
idéologues dans les années 60 ( Mawdoudi
(Pakistanais), Qotb (Égyptien), Khomeini
( Iranien). Il se développe alors dans
les sociétés dans les années 70, notamment dans le contexte des guerres
israélo-arabes (1967-1973) où les armées arabes échouent. C'est également la
période au cours de laquelle les régimes issus de la colonisation commencent à
s'user car ils sont accaparés par une minorité (Égypte, Syrie, Arabie Saoudite)
et les modèles de développement choisis échouent (socialiste en Égypte et en
Algérie; capitaliste en Iran). Enfin, la base de ces sociétés subit la crise
économique des années 70. L'Islamisme tend alors à devenir plus populaire
que le marxisme ou le panarabisme
dans la région.
e- (1979-1989) : la multiplication
des facteurs de déstabilisation.
En 1979, a lieu la révolution iranienne chiite. Le shah d'Iran Reza Palavi, allié
des américains, est contraint à l'exil. L'ayatollah Khomeyni
fait son retour. Le "guide de la révolution" donne les orientations
de l'État, une assemblée et un président élus se chargent de les appliquer.
Mais les femmes sont voilées et la charia est appliquée. A cette
occasion, les EU subissent un véritable camouflet puisque les islamistes prennent
en otage des ressortissants américains à l’ambassade des EU de Téhéran pour
demander l’extradition du shah d’Iran. L’opération héliportée destinée à les
libérer tourne au fiasco. Les islamistes chiites cherchent par ailleurs à
diffuser leur révolution en finançant des mouvements terroristes dans la région
comme le hezbollah
au Liban.
En Arabie Saoudite, la dynastie saoudienne est gardienne des
lieux saints (La Mecque et Médine). Elle met sa fortune au service de la
diffusion d'une conception conservatrice des rapports sociaux, elle exalte le
rigorisme moral selon les principes du Wahhabisme ( Ibn
al Wahhab -1703-1791). Mais en 1979, des étudiants
inspirés par la révolution chiite et dénonçant l'attitude pro-occidentale de la
pétromonarchie, prennent en otage des pèlerins à la Mecque. Pour les
américains, l'allié Saoudien n'est peut-être pas si sûr.
Pour en
savoir plus consultez cette leçon sur l’Islamisme.
En Afghanistan, dans un pays marqué par les divisions
ethniques et religieuses (tadjikes (majoritairement
sunnites), hazaras (majoritairement chiites)
pachtounes (majoritairement sunnites, la population la plus nombreuse dans le
pays) des communistes
soutenus par Moscou réalisent un coup d’Etat en 1978. Ils mettent en
place une république socialiste pro-soviétique. Mais très vite ce gouvernement est menacé par
des islamistes
hostiles à certaines des mesures, notamment celles concernant les droits des
femmes. L’URSS
intervient en 1979 pour soutenir
ce gouvernement. Elle voit là l'occasion de contrôler une zone qui donne
accès à des ressources pétrolières. Elle peut aussi ainsi se rapprocher
des mers chaudes et contrer l'influence des EU sur le Pakistan voisin.
Cette opération est une erreur. Les moudjahidines afghans
(notamment le Commandant Massoud) résistent grâce au soutien américain et
pakistanais. Des islamistes du monde entier (dont Ben Laden) convergent pour
participer à ce nouveau Djihad.
Face à ces oppositions, M. Gorbatchev finit par décider en 1989 le retrait des
troupes soviétiques. A partir de ce moment là certains étrangers ayant combattu
en Afghanistan commence à rentrer dans leurs pays (Algérie par exemple) ou vont
combattre ailleurs (Tchétchénie, Yougoslavie).
En 1980, Saddam Hussein attaque l’Iran (La guerre Iran-Irak -Première
Guerre du Golfe). Il redoute la contagion islamiste chiite et lorgne sur
des territoires stratégiques du pays
voisin. Il apparaît alors comme un
rempart arabe, nationaliste, sunnite et potentiellement laïque face aux perses,
chiites et islamistes. Il a alors le soutien des EU, de la France et du
Royaume-Uni. Cette guerre qui se solde par un retour à la situation d’avant
guerre fait finalement entre 500 000 et 1 000 000 de victimes.
Conclusion :
la guerre froide qui touche aussi le Proche et le Moyen-Orient n’est pas
terminée que déjà de nouveaux facteurs de déstabilisation régionale et
internationale apparaissent.
Charia : loi islamique qui s'applique au droit des personnes (mariage,
héritage, statut de la femme) comme au droit pénal et public, qui prévoit des
peines contre les crimes religieux.
Chiisme : 10 % des musulmans, estiment que le califat appartient de droit aux
descendants du prophète et n'acceptent pas l'éviction d'Ali le gendre du
prophète, assassiné en 661. Dans le chiisme, l'imam et les ayatollahs, sans
constituer un clergé, conduisent la communauté des croyants.
Wahhabisme : islam sunnite puritain.
Sunnisme : représente la grande majorité des musulmans. Le
sunnisme reconnaît la succession califale après Ali. Le sunnisme est divisé en
quatre écoles qui n'accordent pas la même importance au Coran, à la Sunna et
aux Hadiths.
Jihad : guerre
sainte.
Moujahid ou moudjahiddine : militant des
mouvements nationalistes ou islamiques.
Mouvement jihadiste
:
mouvement qui mène la guerre sainte (jihad) contre l'occident ou contre les
dirigeants musulmans considérés comme des traîtres.
III La concentration des causes de
conflits et le renforcement de l’influence américaine.
a- Le Proche et le Moyen-Orient, terres
d’un « nouvel ordre mondial » ?
En aout 90, Saddam Hussein
envahit le Koweït (Guerre du Golfe ou Seconde Guerre du Golfe).
Très affaibli et endetté à l’issue de la guerre Iran-Irak, il reproche au Koweit sa politique de forte production qui maintient le
prix du pétrole à un niveau bas. Il convoite également les gisements de ce petit
pays. Les EU ne sauraient accepter une
telle violation du droit international et ne peuvent laisser l’Irak prendre le contrôle
des 9%
des réserves mondiales possédées par le Koweït. Se forme alors une vaste coalition comprenant des pays occidentaux et arabes
autour de la puissance américaine. Le Roi d’Arabie Saoudite obtient
des dignitaires religieux une fatwa autorisant
la présence de troupes infidèles en terre sainte pour permettre l’installation des forces de
la coalition. La guerre dure du 15 janvier 1991 à la fin du mois de février.
Cette guerre est un moment de rupture entre les autorités
saoudiennes et Ben Laden qui développe alors un discours néo-fondamentaliste
de rejet de l'occident incarné par les États-Unis et de dénonciation des
monarchies pétrolières accusées de faiblesse et de complicité vis-à-vis des
occidentaux.
L’Afghanistan reste instable. Après le départ des soviétiques, les moujahidines afghans
prennent le pouvoir en 1992. Mais le désordre règne dans le pays. En 1996, les talibans (étudiants
en religion) prennent le pouvoir. Ils sont soutenus et financés par le Pakistan
voisin et apparaissent comme un recours pour rétablir l'ordre. Mais à leur
tour, ils se rendent coupables de nombreuses vexations contre les femmes et
d'exécutions sommaires. A la suite du retour dans le pays de Ben Laden,
l’Afghanistan devient la base d entraînement de la nébuleuse terroriste
Al Qaida.
En Palestine, le conflit
israélo-palestinien ne connaît quasiment pas de pose. De plus, dans
les territoires palestiniens apparaissent des formes de contestation). Depuis
Tunis, Yasser Arafat et l’OLP lancent en décembre
1987 la première intifida
(1987-1993). Une deuxième intifada lui succède à partir de septembre
2000 à la suite de la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem
perçue comme une provocation par les palestiniens. Des tentatives de paix sont mises en œuvre. Ainsi, les accords d’Oslo
(13 septembre 1993- Washington) signés par Yitzhak Rabin, Premier
Ministre israélien, de Yasser Arafat, Président du comité exécutif de
l'OLP consacrent la reconnaissance mutuelle entre les "frères
ennemis" et prévoient une autonomie progressive des territoires
palestiniens. Les Etats-Unis interviennent beaucoup dans ces pourparlers jouant
ainsi à nouveau le rôle de gendarmes du monde.
Cependant, ces négociations butent sur les agissements des extrémistes des deux
bords qui multiplient les provocations. En 1995, Itzhak Rabin fut
assassiné par un extrémiste israélien. En juin 2001, 21 jeunes israéliens sont
tués dans un attentat devant une discothèque à Tel-Avi .
Conclusion
: Au sortir de la
guerre froide, malgré l'invocation d'un nouvel ordre mondial, la paix est loin
d'être établie. Le Proche et le Moyen-Orient en offrent une illustration.
Intifada : en Arabe soulèvement ou guerre des
pierres.
Al Qaida : ( la base en Arabe) est une structure
informelle qui s'apparente plus à une nébuleuse ou une franchise terroriste de
dimension mondiale qu'à un groupe terroriste.
b- Après le 11 septembre, le Proche et le
Moyen Orient focalisent l’attention.
Le 11 septembre 2001,
un groupe de 19 personnes d'origine saoudienne pour la plupart, détourne quatre
avions et détruit ainsi les tours jumelles du World Trade Center à New-York et
endommage sérieusement le Pentagone à Washington. Le bilan humain est de 2995
victimes. Le monde découvre alors Al Qaida.
En réaction, George Bush applique la stratégie de la Global
War on Terrorism (Guerre
Globale contre le Terrorisme). Une coalition
internationale menée par les États-Unis intervient le 7 octobre
2001, en Afghanistan entraîne en cinq semaines la chute du régime des talibans qui abritait Ben Laden. Le pays reste
politiquement instable et la pression islamiste se maintient sous la forme
désormais d'une guérilla. Les Etats-Unis,
comme la France, restent donc engagés dans la région aujourd'hui encore.
En mars 2003, une autre coalition
menée par les EU envahit l'Irak. Il s'agit d’une guerre préventive (troisième guerre du golfe). Les EU estiment à tort que l'Irak possède des
armes de destruction massive et soutient le
terrorisme international. Des doutes sont exprimés notamment par la
France sur la légitimité de cette intervention et c'est sans mandat onusien que
l'offensive est lancée. Achevée officiellement en mai 2003, cette guerre se mue
en conflit asymétrique opposant des forces très
différentes par leurs natures et leurs
puissances.
Sur ce terreau Al Qaida prospère.
Même si pour J-P Filiu, les membres de cette
organisation ne seraient pas plus que 1000 à 2000, la lutte contre le
terrorisme international n’a pas réussi à mettre les sociétés occidentales à
l’abri des attentats comme le prouvent les attaques du 11 mars 2004 à Madrid et celles du 7 juillet 2005 à Londres. De plus, la nébuleuse s'étend. Ainsi, les récents
enlèvements de ressortissants français au Niger ont été revendiqués par Al Qaida Maghreb Islamique
(AQMI).
En Palestine, l’autorité du Fatah, mouvement politique laïque est
contestée. Le Hamas, mouvement islamique
sunnite, qui ne reconnaît pas l’Etat d’Israël, remporte les élections
législatives de 2006 et prend le contrôle de Gaza. Par ailleurs, régulièrement,
le hezbollah , mouvement chiite
soutenu par l’Iran et la Syrie, poursuit ses attaques contre Israël depuis le
Liban. Ceci explique l’intervention israélienne au sud Liban en 2006. Les massacres
perpétrés par Tsahal lui font perdre la guerre de l’image. En décembre
2008, l’armée israélienne intervient à nouveau à Gaza (opération Plomb Durci).
Aujourd'hui les négociations butent toujours sur les questions suivantes : le
retour des réfugiés palestiniens, les colonies israéliennes en territoire
palestinien, la construction d'un mur de sécurité par les israéliens, l'étendue
de la souveraineté de l'autorité palestinien, la menace islamiste (hamas).
Conclusion : Les conflits restent donc nombreux au
Proche et au Moyen-Orient. Compte tenu de son instabilité la région s'intègre
donc bien dans l'arc des crises qui s'étend de la méditerranée à l'Inde.
Cet arc est caractérisé par la multiplication et la proximité des conflits.
Conclusion
générale :
Au sortir de la seconde guerre mondiale, le
Proche et le Moyen-Orient sont encore pour peu de temps dans la sphère
d'influence directe des puissances coloniales européennes. Mais un
certain nombre de territoires accèdent à l'indépendance et la crise de Suez
traduit l'affaiblissement réel du rayonnement français et britannique dans
cette partie du monde. A partir de 1956, en dépit de l'affirmation du panarabisme
et du non-alignement, les territoires de la région sont soumis à
l'influence des deux superpuissances de la guerre froide. La
région est alors déstabilisée par la
succession des conflits israélo-arabes La déstabilisation se poursuit
après avec la montée de l'islamisme et la persistance du conflit
israélo-palestinien. On pouvait espérer voir s'établir au sortir de la guerre
froide un nouvel ordre mondial sous l'égide des États-Unis. Les répercussions de la Guerre du Golfe,
la question du Proche-Orient et les suites du 11 septembre 2001,
font de cette partie du monde une région particulièrement instable qui focalise
l'attention. Les Etats-Unis peinent à constituer un grand moyen orient ( 22 Etats du Maghreb à l'Afghanistan) sous son influence où
se diffuserait le modèle de la démocratie libérale à économie de marché. Compte
tenu du bilan de leurs interventions, la question se pose aujourd'hui de savoir
si un tel modèle peut être imposé par la force.
Bibliographie:
GERE
F., Pourquoi les guerres ? un siècle de
géopolitique, 20.21 d’un siècle à l’autre, Larousse, 2002
LACOSTE
Y, Géopolitique, la longue histoire d’aujourd’hui, Larousse, 2008
VICTOR J-C, RAISSON V, TETART F. Le Dessous
des cartes. Atlas géopolitique. Editions Arte-Tallandier,
2005.
KEPPEL
G., Jihad, Actuel, folio, 2003
ROY
O., Généalogie de l'islamisme, Hachette, 1995
FILIU
J-P, Les 9 vies d’Al-Qaida, Fayard, 2009.
Dernière mise
à jour : 11-10