Le Proche et le Moyen-Orient, enjeux des relations internationales de 1945 à nos jours.

Le Moyen-Orient désigne les territoires compris entre l’est de la méditerranée, le sud de la Mer Noire, l’océan indien et l’Iran. Le Proche-Orient est une partie du Moyen-Orient située entre la Turquie et l’Egypte sur les bords de la Méditerranée.

Ces deux régions ne constituent pas un espace homogène. Les climats y sont variés (climat désertique, semi-désertique ou méditerranéen).  La rareté de l’eau en fait une ressource convoitée  et son inégale répartition peut susciter ou entretenir des conflits. Par contre, le Moyen-Orient concentre dans certaines régions jusqu’à 64% des gisements prouvés de pétrole. Ce qui en fait une région stratégique du point de vue énergétique. Le peuplement est également varié. Cette région habité majoritairement par des peuples arabes ou arabisés est peuplée également par des perses, des turcs, des kurdes et des israéliens. La région n’est pas non plus homogène d’un point de vue culturel. En ce qui concerne la religion, les trois religions du livre y sont nées et elles y sont représentées. L’Islam est certes majoritaire. Il n’est cependant pas uniforme. Les musulmans sont de confession sunnite et chiite, mais ces deux courants se divisent par ailleurs en une grande multitude de rites et de pratiques.

A partir de 45, dans un contexte de décolonisation et de bipolarisation du monde se pose la question de la sphère d’influence (soviétique ou américaine) à laquelle les différents états de la région s’associent. A partir de 1948, apparaît le problème de la cohabitation entre l’Etat israélien et ses voisins arabes. Dans les années 60-70, l’Islamisme, né quarante ans auparavant, se développe pour devenir une préoccupation des années 2000. Enfin, dans le contexte des trente glorieuses puis dans celui de la  crise économique et environnementale, les ressources énergétiques font de cette partie du monde l’un des points chauds de la planète.

Finalement, étudier le Proche et le Moyen-Orient revient à s’interroger sur la place qu’ils occupent dans les préoccupations et les stratégies internationales entre 1945 et 2010 ?

I De 1945 à 1956, le Proche et le Moyen Orient passent de la sphère d’influence européenne….

a-     45-46 : la fin des mandats coloniaux…..

A la suite de la première guerre mondiale, l’empire Ottoman est démantelé. La SDN confie à la France et au Royaume-Uni des mandats sur le Liban, la Syrie, la Palestine, la Transjordanie et l’Irak. Pour la plupart, ces territoires obtiennent leurs indépendances pendant ou juste après la seconde guerre mondiale. (Irak-32, Liban-43, Syrie-46, Transjordanie-46) 

Mandats : anciennes colonies allemandes ou possessions ottomanes confiés à l'administration d'Etats vainqueurs de la première guerre mondiale par la société des nations.

b-     ….correspond au renforcement de l’influence économique américaine.

Les compagnies pétrolières américaines sont présentes dans la région dès les années 30. (Iraq Petroleum Company, Standard Oil Company of California). En 1945, FD Roosevelt garantit au roi d’Arabie Ibn Seoud un soutien militaire permanent des EU (base militaire de Dharhan)  contre l’assurance que seule la compagnie ARAMCO (Arabian Américan Oil Compagny  créée en1944)  pourrait opérer en Arabie.

c-     Tandis que les soviétiques échouent dans leurs tentatives contre l’Iran.

En décembre 1945, les soviétiques qui convoitent le pétrole iranien soutiennent le séparatisme de l’Azerbaïdjan. Mais, avec l’aide militaire des EU, le Shah d’Iran Reza Palavi reprend le contrôle de son territoire. En 1951, son premier ministre, Mohammad Mossadegh projette de nationaliser le pétrole iranien. Il est renversé avec le soutien des services secrets britanniques et américains. Le Shah confie finalement l’exploitation du pétrole à un consortium rassemblant des compagnies américaines, britanniques et françaises. En 1955, le pacte de Bagdad fait de l’Iran un allié des EU.

d-    En 1948, avec la naissance d’Israël, les britanniques se retirent de Palestine.

En 1917, le gouvernement britannique par la Déclaration Balfour promettait d’aider à la réalisation d’un « foyer national juif » en Palestine. Or une promesse équivalente avait été faite aussi  aux arabes en rébellion contre l’empire ottoman au même moment. Au sortir de la première  guerre mondiale, le mandat sur la Palestine est confié aux britanniques. Au sortir de la seconde guerre mondiale, la légitimité de la création d’un état israélien est renforcée. Les britanniques qui  ne parviennent pas à régler la question de la cohabitation des Israéliens et des Arabes confient finalement  le problème à l’ONU. Cette dernière se déclare le 29 novembre 1947, favorable à la partition de la Palestine et propose une carte où Jérusalem est internationalisée. Le 14mai 1948 est proclamée l’indépendance d’Israël. Mais, le lendemain de cette proclamation, Israël est attaqué par cinq armées arabes (Egypte, Transjordanie, Syrie, Liban, Irak) et par les Palestiniens qui n’acceptent pas la partition. Israël résiste. Au terme de cette guerre en 1949, la Palestine n’existe plus, près de 700 000 palestiniens sont réfugiés dans les pays arabes voisins, dans la bande de Gaza et en Jordanie.

e-     En 1956, la crise de Suez marque le déclin de la puissance européenne dans la région.

En juillet 56, désireux de financer un ambitieux projet de barrage sur le Nil, le président égyptien Nasser se rapproche des soviétiques et décide de nationaliser le canal de Suez. La plupart des actionnaires étaient français et Britanniques. Les deux puissances réagissent donc et préparent avec Israël une opération baptisée « mousquetaire ». Le 29 octobre les troupes Israéliennes attaquent donc l’Egypte et envahissent le Sinaï. Le 5 novembre, un corps franco-britannique de 60000 hommes débarque en Egypte en provenance de Chypre en prétendant séparer les forces israéliennes et égyptienne. Les alliés semblent l’emporter rapidement mais les Soviétiques menacent Paris et Londres de leurs missiles et les Américains font pression pour que l’opération soit stoppée. Israël doit reculer. Les puissances coloniales sont vaincues, Israël est tenté par un rapprochement  EU et  Nasser remporte une victoire diplomatique majeure.

Conclusion : Cette période correspond donc à la fin des dominations coloniales dans la région tandis que les deux grands font déjà sentir avec plus ou moins de succès leurs influences. On assiste également à la naissance d’un Etat,  Israël, isolé dans un environnement majoritairement arabe et musulman.

II ….......à celles des deux superpuissances de la Guerre Froide 1956-1989.

a-     (1956-1967) Le rapprochement soviéto-égyptien, reflet de l’échec du nassérisme et de la tentative de non-alignement.

Nasser promeut au Moyen-Orient une variante du panarabisme : le nassérisme. Il le met d’ailleurs en application en tentant en 1958 l'union des pays arabes. Il proclame en effet  la République Arabe Unie associant la Syrie et l'Egypte. Mais cette union est dissoute dès1961.

Nasser s’affiche également comme l’un des champions du non-alignement. Il est d’ailleurs l’un des artisans de sa définition à Belgrade en 1961 en compagnie de Tito et de Nehru. Mais le non-alignement est difficile à tenir. Ainsi se rapproche-t-il de l’URSS notamment pour la réalisation du barrage d’Assouan dans les années 60-70.

Panarabisme : Doctrine politique visant à unir tous les peuples de langue arabe et à développer entre eux des liens de solidarité.

Nassérisme : nationalisme arabe, idéologie laïque et moderniste qui revendique l’identité arabe.

Non-alignement : Mouvement réunissant de nombreux pays du tiers-monde et la Yougoslavie refusant la domination des deux grandes puissances.

b-     (1967-1978) Dans le contexte des guerres Israélo-arabes, Israël devient un allie privilégié des EU.

1967 : La guerre des six jours. (la troisième guerre Israélo-arabe)

En 1967, Israël craint la menace syrienne ou égyptienne. Les Israéliens attaquent donc sur tous les fronts. Les aviations égyptiennes et syriennes (matériel en grande partie soviétique) sont détruites au sol. Tsahal (armée Israélienne) progresse vers le  Golan (l’un des rares « châteaux d’eau » de la région), le Sinaï, la Bande de Gaza et la Cisjordanie. L’ensemble de Jérusalem est annexé. La résolution 242 de l’ONU demande le retrait des territoires occupés par Israël et la reconnaissance du droit de toutes les nations de la région à vivre en paix. Israël n’est pas pour autant isolé sur la scène internationale. L’Etat hébreu devient alors un allié privilégie des Etats-Unis dans la région. Par-contre, De Gaulle inscrit alors la France dans une longue tradition de politique étrangère plutôt pro-arabe (discours du peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur).

1973 : La guerre du Kippour. (la quatrième guerre Israélo-arabe)

Dans le plus grand secret l’attaque d’Israël est préparée notamment par le nouveau dirigeant égyptien Anouar el-Sadate. Le 6 octobre 1973 jour de la fête juive du Yom Kippour est lancée l’offensive éypto-syrienne au Nord et au sud d’Israël. 10 jours plus tard, Israël reprend l’initiative et les parachutistes de Sharon parviennent à établir une tête de pont à l’ouest du canal de Suez et parviennent à encercler la 3ème armée égyptienne. Les pays arabes soutiennent l’offensive égypto-syrienne en augmentant le prix du baril de pétrole et en décidant un embargo total envers le E-U et les Pays-Bas. Il faudra la menace d’une intervention unilatérale de l’URSS et la mise en alerte nucléaire des E-U pour que le conflit cesse. La guerre du Kippour a été la plus internationalisée du Proche-Orient. Finalement, Anouar el-Sadate accepte de négocier avec Israël où il se rend en 1977. Il négocie en 1978 les accords de camp David aux Etats-Unis. L’Egypte reconnaît Israël qui évacue le Sinaï.

Pour en savoir plus consultez cette leçon sur le Proche-Orient

c-     La question palestinienne  devient un facteur de déstabilisation.

En 1964, est créée l’, Organisation de la Libération de la Palestine (OLP) qui rassemble plusieurs organisations palestiniennes dont le Fatah de Yasser Arafat. En 1969, le Fatah prend le contrôle de l’OLP et impose la lutte armée comme moyen de libération de la Palestine. Chassé de Jordanie par le roi Hussein, à l’issue d’une tentative de déstabilisation (1970-septembre noir)  l’OLP se réfugie au Liban. Cette menace terroriste pèse sur Israël (détournement d’avion, prise d’otage de Munich par le groupe septembre noir-1972).C’est entre autres pour cette raison qu’Israël lance en juin 82, l’opération Paix en Galilée (La cinquième guerre israélo-arabe). Israël souhaite frapper la base stratégique de l’OLP. L’armée Israélienne envahit le Sud-Liban jusqu’à Beyrouth et accède à un fleuve important pour les activités agricoles : le Litani. Le 18 septembre 1982, des miliciens maronites encadrés par l’armée israélienne d’Ariel Sharon massacrent des civils palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila. Israël se retire du Liban en 1985, mais conserve une zone de sécurité au Sud-Liban de 10 km de large.

d-    Le développement de l’Islamisme

L'islamisme est un projet qui vise à partir du pouvoir d'État à créer un système politique totalisant qui gérerait tous les aspects de la société, de l'économie en s'appuyant sur les seuls fondements de l'Islam et en refusant le pluralisme politique (Olivier Roy). Apparu dans les années 20, il est théorisé par des idéologues dans les années 60 ( Mawdoudi (Pakistanais), Qotb (Égyptien), Khomeini ( Iranien). Il se développe alors  dans les sociétés dans les années 70, notamment dans le contexte des guerres israélo-arabes (1967-1973) où les armées arabes échouent. C'est également la période au cours de laquelle les régimes issus de la colonisation commencent à s'user car ils sont accaparés par une minorité (Égypte, Syrie, Arabie Saoudite) et les modèles de développement choisis échouent (socialiste en Égypte et en Algérie; capitaliste en Iran). Enfin, la base de ces sociétés subit la crise économique des années 70. L'Islamisme tend alors à devenir plus populaire que le marxisme ou le panarabisme dans la région.

e-     (1979-1989) : la multiplication des facteurs de déstabilisation.

En 1979, a lieu la révolution iranienne chiite. Le shah d'Iran Reza Palavi, allié des américains, est contraint à l'exil. L'ayatollah Khomeyni fait son retour. Le "guide de la révolution" donne les orientations de l'État, une assemblée et un président élus se chargent de les appliquer. Mais les femmes sont voilées et la charia est appliquée. A cette occasion, les EU subissent un véritable camouflet puisque les islamistes prennent en otage des ressortissants américains à l’ambassade des EU de Téhéran pour demander l’extradition du shah d’Iran. L’opération héliportée destinée à les libérer tourne au fiasco. Les islamistes chiites cherchent par ailleurs à diffuser leur révolution en finançant des mouvements terroristes dans la région comme le hezbollah au Liban. 

En Arabie Saoudite, la dynastie saoudienne est gardienne des lieux saints (La Mecque et Médine). Elle met sa fortune au service de la diffusion d'une conception conservatrice des rapports sociaux, elle exalte le rigorisme moral selon les principes du Wahhabisme ( Ibn al Wahhab -1703-1791). Mais en 1979, des étudiants inspirés par la révolution chiite et dénonçant l'attitude pro-occidentale de la pétromonarchie, prennent en otage des pèlerins à la Mecque. Pour les américains, l'allié Saoudien n'est peut-être pas si sûr.

Pour en savoir plus  consultez cette leçon sur l’Islamisme.

En Afghanistan, dans un pays marqué par les divisions ethniques  et religieuses (tadjikes (majoritairement sunnites), hazaras (majoritairement chiites) pachtounes (majoritairement sunnites, la population la plus nombreuse dans le pays) des communistes soutenus par Moscou réalisent un coup d’Etat en 1978. Ils mettent en place une république socialiste pro-soviétique.  Mais très vite ce gouvernement est menacé par des islamistes hostiles à certaines des mesures, notamment celles concernant les droits des femmes. L’URSS intervient en 1979 pour soutenir ce gouvernement. Elle voit là l'occasion de contrôler une zone qui donne accès à des ressources pétrolières. Elle peut aussi ainsi se rapprocher des mers chaudes et contrer l'influence des EU sur le Pakistan voisin. Cette opération est une erreur. Les moudjahidines afghans (notamment le Commandant Massoud) résistent grâce au soutien américain et pakistanais. Des islamistes du monde entier (dont Ben Laden) convergent pour participer à ce nouveau Djihad. Face à ces oppositions, M. Gorbatchev finit par décider en 1989 le retrait des troupes soviétiques. A partir de ce moment là certains étrangers ayant combattu en Afghanistan commence à rentrer dans leurs pays (Algérie par exemple) ou vont combattre ailleurs (Tchétchénie, Yougoslavie).

En 1980, Saddam Hussein attaque l’Iran (La guerre Iran-Irak -Première Guerre du Golfe). Il redoute la contagion islamiste chiite et lorgne sur des territoires stratégiques du pays voisin.  Il apparaît alors comme un rempart arabe, nationaliste, sunnite et potentiellement laïque face aux perses, chiites et islamistes. Il a alors le soutien des EU, de la France et du Royaume-Uni. Cette guerre qui se solde par un retour à la situation d’avant guerre fait finalement entre 500 000 et 1 000 000 de victimes.

Conclusion : la guerre froide qui touche aussi le Proche et le Moyen-Orient n’est pas terminée que déjà de nouveaux facteurs de déstabilisation régionale et internationale apparaissent.

 

Charia : loi islamique qui s'applique au droit des personnes (mariage, héritage, statut de la femme) comme au droit pénal et public, qui prévoit des peines contre les crimes religieux.

Chiisme : 10 % des musulmans, estiment que le califat appartient de droit aux descendants du prophète et n'acceptent pas l'éviction d'Ali le gendre du prophète, assassiné en 661. Dans le chiisme, l'imam et les ayatollahs, sans constituer un clergé, conduisent la communauté des croyants.

Wahhabisme : islam sunnite puritain.

Sunnisme : représente la grande majorité des musulmans. Le sunnisme reconnaît la succession califale après Ali. Le sunnisme est divisé en quatre écoles qui n'accordent pas la même importance au Coran, à la Sunna et aux Hadiths.

Jihad : guerre sainte.

Moujahid ou moudjahiddine : militant des mouvements nationalistes ou islamiques.

Mouvement jihadiste : mouvement qui mène la guerre sainte (jihad) contre l'occident ou contre les dirigeants musulmans considérés comme des traîtres.

 

III La concentration des causes de conflits et le renforcement de l’influence américaine.

a-     Le Proche et le Moyen-Orient, terres d’un « nouvel ordre mondial » ?

En aout 90, Saddam Hussein  envahit le Koweït (Guerre du Golfe ou Seconde Guerre du Golfe). Très affaibli et endetté à l’issue de la guerre Iran-Irak, il reproche au Koweit sa politique de forte production qui maintient le prix du pétrole à un niveau bas. Il convoite également les gisements de ce petit pays. Les EU ne sauraient accepter une telle violation du droit international et  ne peuvent laisser l’Irak prendre le contrôle des 9% des réserves mondiales possédées par le Koweït. Se forme alors une vaste coalition comprenant des pays occidentaux et arabes autour de la puissance américaine. Le Roi d’Arabie Saoudite obtient des dignitaires religieux une fatwa autorisant  la présence de troupes infidèles en terre sainte  pour permettre l’installation des forces de la coalition. La guerre dure du 15 janvier 1991 à la fin du mois de février.

Cette guerre est un moment de rupture entre les autorités saoudiennes et Ben Laden qui développe alors un discours néo-fondamentaliste de rejet de l'occident incarné par les États-Unis et de dénonciation des monarchies pétrolières accusées de faiblesse et de complicité vis-à-vis des occidentaux.

L’Afghanistan reste instable. Après le départ des soviétiques, les moujahidines afghans prennent le pouvoir en 1992. Mais le désordre règne dans le pays. En 1996, les talibans (étudiants en religion) prennent le pouvoir. Ils sont soutenus et financés par le Pakistan voisin et apparaissent comme un recours pour rétablir l'ordre. Mais à leur tour, ils se rendent coupables de nombreuses vexations contre les femmes et d'exécutions sommaires. A la suite du retour dans le pays de Ben Laden, l’Afghanistan devient la base d entraînement de la nébuleuse terroriste Al Qaida.

En Palestine, le conflit israélo-palestinien ne connaît quasiment pas de pose. De plus, dans les territoires palestiniens apparaissent des formes de contestation). Depuis Tunis,  Yasser Arafat et l’OLP lancent en décembre 1987  la première intifida (1987-1993). Une deuxième intifada lui succède à partir de septembre 2000 à la suite de la visite d’Ariel Sharon  sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem perçue comme une provocation par les palestiniens. Des tentatives de paix  sont mises en œuvre. Ainsi, les accords d’Oslo (13 septembre 1993- Washington) signés par Yitzhak Rabin, Premier Ministre israélien, de Yasser Arafat, Président du comité exécutif de l'OLP consacrent la reconnaissance mutuelle entre les "frères ennemis" et  prévoient une autonomie progressive des territoires palestiniens. Les Etats-Unis interviennent beaucoup dans ces pourparlers jouant ainsi à nouveau le rôle de gendarmes du monde. Cependant, ces négociations butent sur les agissements des extrémistes des deux bords qui multiplient les provocations. En 1995, Itzhak Rabin fut assassiné par un extrémiste israélien. En juin 2001, 21 jeunes israéliens sont tués dans un attentat devant une discothèque à Tel-Avi .

Conclusion : Au sortir de la guerre froide, malgré l'invocation d'un nouvel ordre mondial, la paix est loin d'être établie. Le Proche et le Moyen-Orient en offrent une illustration.

Intifada : en Arabe soulèvement ou guerre des pierres.

Al Qaida : ( la base en Arabe) est une structure informelle qui s'apparente plus à une nébuleuse ou une franchise terroriste de dimension mondiale qu'à un groupe terroriste.

b-     Après le 11 septembre, le Proche et le Moyen Orient focalisent l’attention.

Le 11  septembre 2001, un groupe de 19 personnes d'origine saoudienne pour la plupart, détourne quatre avions et détruit ainsi les tours jumelles du World Trade Center à New-York et endommage sérieusement le Pentagone à Washington. Le bilan humain est de 2995 victimes. Le monde découvre alors Al Qaida.

En réaction, George Bush applique la stratégie de la Global War on Terrorism (Guerre Globale contre le Terrorisme). Une coalition internationale menée par les États-Unis intervient le 7 octobre 2001, en Afghanistan entraîne en cinq semaines la chute du régime des talibans qui abritait Ben Laden. Le pays reste politiquement instable et la pression islamiste se maintient sous la forme désormais d'une guérilla. Les Etats-Unis, comme la France, restent donc engagés dans la région aujourd'hui encore.

En mars 2003, une autre coalition menée par les EU envahit l'Irak. Il s'agit d’une guerre préventive (troisième guerre du golfe).  Les EU estiment à tort que l'Irak possède des armes de destruction massive et soutient le terrorisme international. Des doutes sont exprimés notamment par la France sur la légitimité de cette intervention et c'est sans mandat onusien que l'offensive est lancée. Achevée officiellement en mai 2003, cette guerre se mue en conflit asymétrique opposant des forces très différentes  par leurs natures et leurs puissances.

Sur ce terreau Al Qaida prospère. Même si pour J-P Filiu, les membres de cette organisation ne seraient pas plus que 1000 à 2000, la lutte contre le terrorisme international n’a pas réussi à mettre les sociétés occidentales à l’abri des attentats comme le prouvent les attaques du 11 mars 2004 à Madrid et celles du 7 juillet 2005 à Londres. De plus, la nébuleuse s'étend. Ainsi, les récents enlèvements de ressortissants français au Niger ont été revendiqués par Al Qaida Maghreb Islamique (AQMI).

En Palestine, l’autorité du Fatah, mouvement politique laïque est contestée. Le Hamas, mouvement islamique sunnite, qui ne reconnaît pas l’Etat d’Israël, remporte les élections législatives de 2006 et prend le contrôle de Gaza. Par ailleurs, régulièrement, le hezbollah , mouvement chiite soutenu par l’Iran et la Syrie, poursuit ses attaques contre Israël depuis le Liban. Ceci explique lintervention israélienne au sud Liban en 2006. Les massacres perpétrés par Tsahal lui font perdre la guerre de l’image. En décembre 2008, l’armée israélienne intervient à nouveau à Gaza (opération Plomb Durci). Aujourd'hui les négociations butent toujours sur les questions suivantes : le retour des réfugiés palestiniens, les colonies israéliennes en territoire palestinien, la construction d'un mur de sécurité par les israéliens, l'étendue de la souveraineté de l'autorité palestinien, la menace  islamiste (hamas).

Conclusion : Les conflits restent donc nombreux au Proche et au Moyen-Orient. Compte tenu de son instabilité la région s'intègre donc bien dans l'arc des crises qui s'étend de la méditerranée à l'Inde. Cet arc est caractérisé par la multiplication et la proximité des conflits.

Conclusion générale :

Au sortir de la seconde guerre mondiale, le Proche et le Moyen-Orient sont encore pour peu de temps dans la sphère d'influence directe des puissances coloniales européennes. Mais un certain nombre de territoires accèdent à l'indépendance et la crise de Suez traduit l'affaiblissement réel du rayonnement français et britannique dans cette partie du monde. A partir de 1956, en dépit de l'affirmation du panarabisme et du non-alignement, les territoires de la région sont soumis à l'influence des deux superpuissances de la guerre froide. La région  est alors déstabilisée par la succession des conflits israélo-arabes La déstabilisation se poursuit après avec la montée de l'islamisme et la persistance du conflit israélo-palestinien. On pouvait espérer voir s'établir au sortir de la guerre froide un nouvel ordre mondial sous l'égide des États-Unis.  Les répercussions de la Guerre du Golfe, la question du Proche-Orient et les suites du 11 septembre 2001, font de cette partie du monde une région particulièrement instable qui focalise l'attention. Les Etats-Unis peinent à constituer un grand moyen orient ( 22 Etats du Maghreb à l'Afghanistan) sous son influence où se diffuserait le modèle de la démocratie libérale à économie de marché. Compte tenu du bilan de leurs interventions, la question se pose aujourd'hui de savoir si un tel modèle peut être imposé par la force.

Bibliographie:

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LACOSTE Y, Géopolitique, la longue histoire d’aujourd’hui, Larousse, 2008

 VICTOR J-C, RAISSON V, TETART F. Le Dessous des cartes. Atlas géopolitique. Editions Arte-Tallandier, 2005.

KEPPEL G., Jihad, Actuel, folio, 2003

ROY O., Généalogie de l'islamisme, Hachette, 1995

 FILIU J-P, Les 9 vies d’Al-Qaida, Fayard, 2009.

Dernière mise à jour : 11-10