Sujet :
Des acteurs et des enjeux de l’aménagement du territoire en nombre croissant
aujourd’hui (exemples locaux et nationaux).
Vers 1950, après la reconstruction et
au début des trente glorieuses, l’Etat était pour l’essentiel le seul acteur de
l’aménagement du territoire. Aujourd’hui, il n’est plus le seul agent de la
transformation de l’espace qu’il soit national, régional ou même local.
D’autres instances interviennent désormais. Il faut dire que les besoins et les
effets attendus sont nombreux dans ces espaces qui une fois aménagés doivent
être considérés comme des territoires.
Quels sont ces acteurs de
l’aménagement dont le nombre augmente aujourd’hui ? Cette évolution
est-elle le reflet du nombre croissant des enjeux ?
Dans un premier temps, il est possible
de faire apparaître la pluralité des enjeux des politiques d’aménagement des
territoires. Avant de montrer, dans un second temps, que cette pluralité va de
paire avec un nombre toujours plus important d’acteurs de la commune aux
instances européennes, en passant par le secteur privé.
On peut aujourd’hui décliner la liste
des enjeux de l’aménagement des territoires en cinq points. Le premier consiste
à chercher l’équilibre dans la répartition des hommes et des activités. On peut
parler à ce titre de cohésion ou de convergence territoriale. Selon, la feuille
de route désormais fixée à la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à
l’Action Régionale (DATAR), c’est toujours une priorité. C’est par exemple, ce
qui explique la poursuite des réalisations de lignes grande vitesse (LGV) sur
le territoire. Le prochain tronçon permettra de relier les axes rhénan et
rhodanien. Précédemment, l’Etat menait une politique de métropoles d’équilibre
(Toulouse) et de villes nouvelles (Evry), encourageait par des primes ou des
créations le redéploiement de l’activité industrielle et promouvait la
revitalisation rurale (Compagnie des Coteaux de Gascogne).
Le deuxième volet des politiques
d’aménagement des territoires s’est imposé avec la crise. Les vielles régions
et vieux bassins industriels en difficulté deviennent des zones et des pôles de reconversion. Ils
changent d’activité. La mine de charbon
à ciel ouvert de Carmaux est devenue le complexe de loisirs et de divertissement
« Cap découverte ».
Le troisième aspect de la politique de
l’aménagement des territoires est lié aux préoccupations environnementales. A
différentes échelles, on cherche à protéger la biodiversité et à promouvoir le
développement durable. C’est l’expérience menée actuellement sur le bord du Lizet avec le classement du site en zone Natura 2000. Auparavant, l’Etat avait lancé la création de
parcs naturels (La Vanoise -1963) et avait mis en place en 1975 le
Conservatoire du Littoral.
Mais le contexte a changé.
L’intégration croissance dans l’Union européenne et dans une économie
mondialisé donne à certains le sentiment que la priorité doit être donnée à la
compétitivité et à l’attractivité territoriale. C’est dans cette logique que l’Etat a promu la politique des pôles de
compétitivité. Sept d’entre eux sont de dimension mondiale. C’est, à une autre
échelle, dans cette logique que des communes créent des parcs aqualudiques pour satisfaire les exigences de touristes
nationaux et européens (exemple Ludina).
Pour finir, on voit se développer des
exemples de coopérations transfrontalières. Au niveau de la politique des
villes, la regio trirhena
est un bel exemple de coopération entre Mulhouse, Bâle et Fribourg, pour le
développement du tourisme et des transports (aéroport Bâle-Mulhouse). Le nombre
des enjeux de l’aménagement des territoires est donc croissant.
En est-il de même pour les
acteurs ?
Les agents de l’aménagement des
territoires sont désormais nombreux. L’Etat est
toujours un acteur majeur de cette politique. Certes, avec la DATAR (Ex
DIACT, redevenue DATAR), il cherche désormais avant tout à avoir un rôle de
stratège. Mais le panneau de réalisation du barrage du Lizet
et son rôle dans le projet Ludina confirment qu’il
reste l’un des principaux financeurs de cette politique. Il participe à la
réalisation d’infrastructures dans le domaine du transport, de l’équipement
hospitalier, etc….
Mais il n’est plus le seul acteur. En effet, en 1982, l’Etat
a amorcé une politique de décentralisation destinée à transférer des
compétences et des moyens aux collectivités territoriales. Désormais, les 36682 communes les 101 départements et les 27
régions peuvent intervenir dans les domaines de la scolarité, de la politique
sociale, du développement durable, des transports. Ceci ne va pas sans susciter
un débat sur l’enchevêtrement de leurs compétences.
Dans le même ordre d’idée, la loi Chevènement, puis la
réforme territoriale de 2010 tendent à favoriser l’intercommunalité,
c'est-à-dire le regroupement de communes sous la forme d’Etablissements Publics
de Coopération Intercommunale (communautés de communes, d’agglomérations,
Communautés urbaines). Le complexe Ludina a été lancé
par exemple par la Communauté de Communes Cœur d’Astarac.
Ces communautés de communes peuvent agir dans le domaine du développement
économique et elles peuvent planifier pour l’avenir l’organisation du
territoire grâce au Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT). On
voit aussi apparaître des pays comme le Pays d’Auch ou le Pays Val d’Adour.
Il convient d’évoquer le rôle de plus
en plus important de l’Union européenne qui définit un schéma de développement
de l’espace communautaire (SDEC). Grâce à ses fonds (Interreg
et FEDER), elle promeut la convergence des territoires mais aussi leur compétitivité et leur
coopération. C’est dans ce contexte que se mettent place des eurorégions. On peut citer par exemple l’Eurorégion, Pyrénées-Méditerranée.
Enfin pour finir, le secteur privé est
de plus en plus sollicité pour des partenariats
avec les instances publiques dans le domaine de l’aménagement du
territoire. C’est ainsi que des tronçons de LGV vont être confiés en concession
à des groupes comme Eiffage ou Vivendi. C’est dans
ces conditions que certains complexes hospitaliers sont réalisés et c’est
également la logique qui préside à la mise en place des districts industriels
et des pôles de compétitivité.