Analyse d’un document : les totalitarismes face aux démocraties dans les années 30.

Document 1 : Hitler à Edouard Daladier, le 28 août 1939. (Extraits)

" Monsieur le Ministre- Président,

Je comprends les inquiétudes que vous exprimez (…)

Comme ancien soldat du front, je connais, comme vous, le terrain de la guerre.

Inspiré par cette mentalité, je me suis efforcé loyalement de supprimer entre nos deux peuples toutes les matières de conflit (…) La construction des grandes fortifications à l'Ouest qui engloutit de nombreux milliards représente pour l'Allemagne aussi(…) l'acceptation et la fixation de la frontière définitive du Rhin. Le peuple Allemand a, par là, renoncé à deux provinces qui appartenaient autrefois au Reich allemand qui furent plus tard reconquises au prix de beaucoup de sang et qui, enfin, furent défendues au prix de plus de sang encore (…) j'ai cru par cette renonciation et par cette attitude avoir écarté toute matière de conflit entre nos deux peuples , matière de conflit qui pourrait provoquer un renouvellement de la tragédie de 1914 à 1918.

Cette limitation volontaire du droit vital allemand à l'Ouest ne peut être interprétée comme une acceptation du diktat de Versailles pour tous les autres territoires. Année par année, j'ai vainement cherché à obtenir au moins par la voie des négociations, la révision des clauses les plus impossibles et les plus insupportables de ce diktat. Ce fut impossible (…) Je vous prie de comprendre aussi ceci: Pour une nation qui a la conception de l'honneur, il est impossible de renoncer à près de deux millions d'hommes et de les voir maltraités à ses propres frontières.

C'est pourquoi j'ai élevé une claire revendication : Dantzig et le corridor doivent revenir à l'Allemagne. Je ne vois aucun moyen d'amener la Pologne, qui se sent inattaquable sous la protection de ces garanties, à une solution pacifique (…) Si alors, il y aurait pourtant une différence dans les motifs, moi, monsieur Daladier, je combattrais alors avec mon peuple pour la réparation d'une injustice et les autres pour le maintien de cette injustice.

 

Document 2 : Le traité de Versailles (28 juin 1919), Extraits et résumés de quelques articles essentiels


Article 10 : (Pacte de la Société des Nations). Les Membres de la Société s'engagent à respecter et à maintenir contre toute agression extérieure l'intégrité territoriale et l'indépendance politique présente de tous les Membres de la Société.

Article 42 : Il est interdit à l'Allemagne de maintenir ou de construire des fortifications soit sur la rive gauche du Rhin, soit sur la rive droite, à l'ouest d'une ligne tracée à 50 kilomètres à l'est de ce fleuve.

Article 43 : Sont également interdits, dans la zone définie à l'article 2, l'entretien ou le rassemblement de forces armées (...).

Article 51 : Les territoires cédés à l'Allemagne, en vertu des Préliminaires de Paix signés à Versailles le 26 février 1871 et du Traité de Francfort du 10 mai 1871, sont réintégrés dans la souveraineté française à dater de l'armistice du 11 novembre 1918.

Articles 80, 81, 87 : L'Allemagne reconnaît l'indépendance et les frontières de l'Autriche, de la Tchécoslovaquie et de la Pologne.

Article 119 : L'Allemagne renonce à ses droits sur ses possessions d'outre-mer.

Article 160 : L'armée allemande ne pourra dépasser 100 000 hommes.

Article 171 : La fabrication de tanks est interdite.

Article 173 : Tout service militaire est aboli.

Article 198 : Les forces militaires ne pourront comprendre aucune aviation.

Article 231 : Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l'Allemagne reconnaît que l'Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposée par l'agression de l'Allemagne et de ses alliés.

Article 232 : Les gouvernements alliés exigent (...) et l'Allemagne en prend l'engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile des alliés et à ses biens.

Article 428 : À titre de garantie (...) les territoires allemands situés à l'ouest du Rhin seront occupés par les troupes des puissances alliées pendant une période de quinze années.