Séries :
1L, 1ES, 1S.
Titre : La première guerre mondiale : une ou des
expériences combattantes dans une guerre totale ?
Etude de cas : les monuments aux morts sont-ils le
reflet de l’expérience combattante ?
Remarque : nous limiterons notre étude au cas
singulier de la France.
Le 28 juin 1914 est assassiné à Sarajevo, l’archiduc François-Ferdinand héritier du trône d’Autriche. Cet évènement, par l’engrenage du jeu des alliances, embrase finalement l’ensemble de l’Europe. Le vieux continent plonge alors dans l’été 1914 dans un conflit qui s’éternise jusqu’à l’automne 1918. Entre temps, il connaît trois grandes phases au cours desquelles alternent guerre de mouvement et guerre de position. Cette première guerre mondiale peut être qualifiée de guerre totale. Il s’agit en effet d’un conflit où toutes les forces possibles, humaines, matérielles, morales et intellectuelles sont engagées. Il se caractérise par son extension, sa durée, la mobilisation des moyens économiques, le nombre de victimes militaires et civiles et par le degré de violence rencontré.
Problématique : A l’ occasion du premier conflit mondial, les
combattants ont-ils une ou des expériences de la guerre ? Cette expérience (éventuellement multiple) est-elle
conforme à leurs représentations d’avant-guerre ? Est-elle la conséquence
de la nature du conflit (une guerre totale) ? La représentation de la
guerre change-t-elle après la première guerre mondiale notamment à travers les
monuments aux morts ?
I La représentation de la guerre ...
a) La mobilisation des consciences…..
Un nationalisme revanchard est développé. A l’école, les cartes de France portent
le deuil des territoires annexés par l’Allemagne à l’issue de la guerre
franco-prussienne (Alsace-Moselle). Des bataillons
scolaires sont mis en place pour préparer les enfants à marcher au pas. Ils
défilent régulièrement équipés d’armes factices. La religion catholique contribue également à la mobilisation des
esprits. Dans le contexte de l’avant guerre par exemple, Jeanne d’Arc, la
combattante est béatifiée (1909). La guerre est parfois représentée comme une
croisade (déjà) contre les allemands. Par le moyen de l’école, de l’église ou
de la presse, c’est tout un discours de
guerre [R.Cazals- F.Rousseau] qui se met en place pour préparer les esprits.