Séries :
1L, ES, S
Titre : Les
espoirs d'un ordre mondial au lendemain des conflits : la SDN et
l'ONU (1919-1953)
Problématique :
Comment tente-t-on d’établir la paix au sortir des deux conflits
mondiaux ? Quels sont les points communs et les différences entre les deux
organisations mises en place ?
Parviennent-elles avec le même succès à atteindre leurs objectifs ?
I La création de la SDN au lendemain de la première
guerre mondiale
a)
…Une idée américaine
Le
8 janvier 1918, dans un discours au Congrès, le président américain Thomas Woodrow Wilson, fait une
proposition de paix en 14 points. Dans ce texte, il souhaite la
mise en place d’une nouvelle forme de diplomatie (une diplomatie ouverte, une
diplomatie des peuples, une diplomatie assurant la liberté de circulation et
des échanges). Il affirme le droit des
peuples à déposer d’eux mêmes (autonomie des peuples d’Autriche-Hongrie et
reconstitution d’un Etat polonais). Il annonce la création d'une Société des
Nations.
b)
,… établie sur
des bases européennes
La paix est préparée par la conférence de Paris qui
réunit en janvier 1919, Wilson, Orlando, Clemenceau, Lloyd
George. Le traité de Versailles signé le 28 juin 1919, rend
l’Allemagne entièrement responsable de la première guerre mondiale (Art. 231 du
traité). Il est précédé par un pacte
constitutif de la société
des nations (1920-1946). Celle-ci réunit 45 membres. Son
assemblée générale siège une fois par an à Genève. Elle a pour mission de
régler pacifiquement les conflits entre États. Elle veille donc au respect du
droit international et règle les litiges par la cour permanente internationale
de justice.
c)
…se révèle
incapable d’empêcher les conflits
La
SDN n’a pas les moyens d’imposer ses
mesures. Elle n’a pas de force armée et malgré l’initiative du président
Wilson, le sénat américain refuse l’adhésion des États-Unis à la Société. La SDN se révèle donc impuissante à contenir les
ambitions des différentes puissances expansionnistes. En octobre 1935, l'Italie
envahit l'Ethiopie. En 1936, la Rhénanie est
remilitarisée par l’Allemagne. En 1937, débute la seconde guerre sino-japonaise
(début de la seconde guerre mondiale en Asie). En mars 38 a lieu l’Anschluss. En octobre 38,
est annexé le territoire des sudètes. En mars 39, Hitler annexe aussi la
Bohème-Moravie (Ouest de la Tchécoslovaquie). En septembre 39, prétextant la
récupération du couloir de Dantzig, Hitler envahit la Pologne et déclenche la
seconde guerre mondiale. Finalement, les conditions imposées par le traité de
Versailles (Diktat) et les autres
traités de la fin de la première guerre mondiale, font le lit des nationalismes
bellicistes et la SDN se révèle incapable d’empêcher les agressions des régimes
totalitaires ou militaires.
Anschluss :(rattachement) rattachement de l'Autriche à
l'Allemagne.
Sudètes : région tchécoslovaque à forte population allemande.
Diktat : terme par lequel une partie des allemands
désignait le traité de Versailles afin de montrer qu'il leur a été imposé par
les vainqueurs.
II ….La création de l’ONU
a)
…cherche à
tirer les leçons de l’entre deux guerres
L’idée
d’une paix aux conditions draconiennes avait déjà été évoquée par John
Meynard Keynes en 1919. Il évoquait dans
Les conséquences économiques de la paix le poids exagéré à ses yeux des
réparations exigées de l’Allemagne. En février 1945, Roosevelt, Churchill et
Staline se réunissent à Yalta en Crimée, pour organiser la fin de la guerre
et préparer l’après conflit. Certes, ils souhaitent « détruire le
militarisme allemand et le nazisme [et] traduire en justice tous les
criminels de guerre » (les 3 D de la conférence de Postdam en juillet-août 45,
c'est-à-dire : la démilitarisation, la dénazification et
la décartellisation). Au sortir de la guerre, l’Allemagne est occupée de façon quadripartite, ses
frontières sont modifiées, et elle connait des transferts de populations. Mais
la reconstruction de l’Allemagne sous le contrôle des occupants est engagée le
plus rapidement possible. Par exemple en 1948, les alliés occidentaux proposent
la création d’une nouvelle monnaie : le Deutsch Mark. Par ailleurs, les alliés décident de mettre fin à la
SDN. A Yalta, Roosevelt, Churchill et Staline déclarent : " Nous sommes
résolus à créer avec nos alliés aussitôt que possible une organisation
internationale générale en vue de maintenir la paix et la sécurité. Nous
croyons qu'une telle organisation est essentielle pour empêcher de nouvelles
agressions et éliminer les causes politiques, économiques et sociales des
guerres au moyen d'une collaboration étroite et permanente des peuples
pacifiques ". C'est pour ces raisons que fut signée à San Francisco, le 26 Juin 1945 la Charte donnant naissance à l'ONU.
b)
… à travers son
organisation,
L'Assemblée Générale de l'ONU, comprend à l'origine 51 états membres
(aujourd'hui 193). C'est le principal organe
de délibération. Le Conseil de
Sécurité es, lui, le seul à pouvoir prendre des décisions. Il est chargé du
maintien de la paix et de la sécurité internationale. Il est alors composé de 11
états membres (aujourd’hui 15). Cinq
d'entre eux sont membres permanents et ont un droit de veto sur les décisions : (Chine, E-U, France Royaume -Uni,
Russie). Les autres Etats sont membres non-permanents. Le Conseil de sécurité
est le seul organe de l'ONU dont les décisions doivent être respectées par les
Etats membres. Il cherche d’abord à trouver une solution pacifique aux litiges.
Mais sil les hostilités sont engagées, il peut constituer des opérations de maintien de la paix. Il
envoie des observateurs ou des "casques
bleus" pour atténuer les
tensions et séparer les forces ennemies.
Les casques bleus sont constitués de troupes fournies par les Etats membres.
Ils interviennent dans différents pays pour imposer la paix. Le secrétaire général de l'ONU assure les
fonctions administratives de l'ONU. Il peut jouer aussi un rôle diplomatique.
Depuis 2007, il s'agit de Ban Ki-Moon (Corée du Sud). Il est nommé par l'AG sur
recommandation du CS.
c)
… non sans
connaître quelques limites
Dès sa création, l’ONU joue un rôle important, notamment dans les
processus de décolonisation. Elle
soutient par exemple les peuples désireux d’accéder à l’indépendance et se met
en place dès à la fin des années 40, un groupe
de pays afro-asiatiques désireux d’affirmer leur souveraineté. Mais son
action connaît aussi des limites,
notamment au Proche-Orient. Ainsi, le 29 novembre 1947, L'ONU se déclare
favorable à la partition de la Palestine avec un Etat Israélien et un Etat
Arabe. Elle propose également d’internationaliser
la ville de Jérusalem. Mais en 1948, au moment de son indépendance, Israël est
attaqué par ses voisins arabes. A la fin de la « guerre d’indépendance » ou « premier conflit israélo-arabe », Israël s’est maintenu mais il
n’y a plus d’Etat arabe. Seuls des observateurs sont envoyés pour surveiller le
bon déroulement de la trêve. Vers
1945-1953, l'ONU peut
par ailleurs apparaître comme l’instrument de la politique d'endiguement
menée par les Etats-Unis contre l'URSS. En effet, de 1950 à 1953, les troupes
américaines sous pavillon onusien interviennent en Corée. Le droit de veto utilisé par l'URSS est contourné car
l'Assemblée Générale se saisit de la question. La neutralité de l’organisation
est donc mise en doute dans le contexte de la guerre froide.
Conclusion :
Au
sortir des deux conflits mondiaux, on retrouve la même volonté politique de
régler pacifiquement les conflits et de créer dans ce but une instance
internationale veillant au respect du droit international. Dans un contexte où les
germes de nouveaux conflits sont nombreux et où les totalitarismes se mettent en place, la SDN se
révèle impuissante à éviter un nouveau conflit. Cet échec est pris en compte au moment de la
création de l’ONU. Cette organisation associe dans son instance exécutive les
puissances victorieuses de la guerre et peut mobiliser des troupes mises à sa
disposition par les Etats membres. Cependant, malgré son rôle diplomatique
majeur, l’ONU peut connaître des limites à son action. Quel fut le rôle de
l’ONU pendant la guerre froide et pendant les conflits de l’après-guerre
froide ?
Auteur :
Nérée Manuel
Bibliographie :
ROUSSEAU F. (dir.) Guerre,
paix et sociétés, Atlande2004.
PROST A., Guerres,
paix et sociétés : 1911-1946, Paris, Les Éditions de l'Atelier, 2003
Dernière mise à jour : 12-11