L’Asie orientale : une aire de puissance en expansion.

 

L’Asie orientale (AO) est définie comme la façade orientale de l’Eurasie. Cependant, le programme fait rapidement apparaître des  problèmes de définition du sujet. Il nous invite en effet  à l’étude de la Chine littorale, de la Corée du Sud, de Taiwan, du Japon mais il néglige la Russie orientale et l’Asie du Sud-est.

Ce n’est pas la moindre des interrogations suscitées par le sujet.  La puissance d’un Etat correspond à  sa capacité d’influer sur les autres. Les critères de la puissance sont nombreux : l’ampleur du territoire et sa maîtrise, le poids démographique, l’influence stratégique et la force militaire, la richesse économique et financière, la capacité d’innovation technologique, le rayonnement culturel, linguistique, intellectuel ou idéologique. Une aire de puissance peut alors être définie comme un ensemble d’Etats ou de régions qui en combinant ces critères, occupe une place prépondérante dans l’organisation géographique du monde.

 

Pb : L’aire géographique définie plus haut correspond-elle à ces critères ? L’Asie Orientale est-elle vraiment une aire de puissance en expansion ? De quelle expansion s’agit-il ? S’agit-il d’une expansion économique ou spatiale ?  Assiste-t-on à la combinaison des deux phénomènes ?

 

 

I Les facteurs de puissance de l’Asie orientale. Diversité  des facteurs, des phases et des foyers. (12 p 219)

Quels sont les facteurs internes de la puissance de l’AO ?

a) Les facteurs internes

Ils sont nombreux et on remarque  la présence de foyers de développement anciens.

Ainsi, la Chine, « Pays du Milieu »,  est un foyer de civilisation qui a étendu son influence sur la quasi totalité de la zone en particulier au 18ème siècle. L’Asie sinisée correspond en gros à l’Asie orientale. L’écriture idéographique, la baguette, le confucianisme, y furent diffusés. Lorsqu’elle devient communiste en 49, elle entend son nouveau modèle dans certains pays de la région (Vietnam, Corée du Nord, Laos). La diaspora chinoise, 25 millions de personnes en Asie orientale, contribue aujourd’hui à l’extension de la puissance asiatique.

La Chine fut relayée dans la région par le Japon.  De la fin 19ème à 1945, sa domination s’est étendue à une bonne partie de l’Asie orientale.  (Sakhaline, Kouriles, Taiwan , Corée, Mandchourie, Chine, Aire de coprospérité) . Au sortir de la 2nd GM, le  Japon est affaibli et dépendant des Etats-Unis, mais il connaît ensuite un développement rapide selon un processus qui s’est ensuite imposé comme un modèle dans d’autres pays d’Asie. C’est la théorie du vol des oies sauvages :

Années 50 : importation des matières premières et des technologies (rôle important de l’Etat, aide américaine)

Années 50 et 60 : développement de l’industrie locale essentiellement une industrie de base, satisfaction de la demande intérieure.

Années 60, 70 et 80 : développement des exportations d’abord vers les pays du tiers-monde, puis vers les pays développés grâce à une augmentation de la VA.

Années 70, 80 et 90 : délocalisation d’industries d’abord vers les pays ateliers du sud-est asiatique puis vers les marchés fermés des pays développés (8 p 217)

Ce modèle s’est ensuite diffusé dans les années 60, chez les « Quatre Dragons » (Taiwan, Corée du Sud, Hongkong, Singapour), dans les années 70 chez les « Bébés Tigres » (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines).Aujourd’hui, le Japon est  le premier investisseur et  le premier donateur de l’aide au développement en AO. Mais le Japon investit moins en Asie 20,7%  qu’aux Etats-Unis 39% ou en Europe 33%. (1999).

Après avoir représenté une inquiétude, la population nombreuse devient un facteur de puissance pour l’AO. Elle s’élève à deux milliards d’hommes (population des Etats concernés) ou 700 millions de personnes (population des régions concernées). Sa croissance est désormais maîtrisée. Au Japon, en Corée du Sud à  Hong-Kong, à  Singapour, à  Taiwan, et en Chine, l’Indice Synthétique de Fécondité ( ISF) est inférieur  à 1,8. Mais aux  Philippines, en Malaisie, en Thaïlande, au Vietnam et en  Indonésie, il est supérieur à 2,1. Les besoins alimentaires de la population sont satisfaits. Tous les pays d’AO ont connu après la seconde guerre mondiale, une révolution agricole. Elle a eu lieu dans les années 50 en Corée, dans les années 60 en Indonésie et en Chine dans la fin des années 60. Cette population est  désormais une ressource majeure dans la puissance asiatique. Dans les « Bébés Tigres »  et en Chine, le coût de la main d’œuvre est le principal atout. Au Japon et chez les « Quatre dragons », la main d’œuvre est très qualifiée mais souvent très chère. Le coût de la main d’œuvre est plus élevé au Japon qu’en France, par exemple.

Pour terminer, les ressources naturelles sont nombreuses et importantes dans l’AO. La Chine est le premier producteur mondial de charbon. L’Indonésie est riche en hydrocarbures. Elle se classe au 5ème rang mondial pour la production de pétrole. Ces pays fournissent le Japon qui est pauvre dans ce domaine.

 

b) les facteurs extérieurs.

Quels sont les facteurs exogènes, externes de la puissance de l’AO ?

 

Le développement des Etats non communistes de la région doit beaucoup à l’aide des Etats-Unis après la seconde guerre mondiale. Les régions littorales de la Chine reçoivent encore beaucoup d’investissements. Mais aujourd’hui, le Japon et la Chine, par exemple, sont les deux premiers investisseurs étrangers dans les bons du Trésor américain ( plus de 700 milliards de $-2010). Les flux de capitaux sont donc désormais multilatéraux. Un temps, les pays de l’AO ont imité les technologies occidentales. Mais aujourd’hui ce sont eux qui innovent. On trouve dans cette région des pôles d’innovation (Hsinchu à Taiwan- Tsukuba au nord-est de Tokyo[6 p 234]). Au Japon fut mis au point le Toyotisme qui succède aujourd’hui au Fordisme.

Désormais, les facteurs endogènes de développement l’emportent sur les facteurs exogènes. Face aux autres aires de puissance américaine et européenne, les pays de l’AO sont maintenant des partenaires-concurrents.

 

II Les manifestations de la puissance de l’AO.

Comment se manifeste la puissance de l’ AO ?

a) Une croissance économique en question. (2 p 215)

On observe dans cette région des croissances exceptionnelles. La Chine a connu pendant des années des rythmes de croissance deux fois supérieurs à ceux de la France pendant les Trente Glorieuses. Cette année (2010), la croissance de la Chine sera proche de 12%). Cette croissance exceptionnelle conforte l’image  d’une Asie orientale en expansion.

Mais les croissances sont  inégales. Il y a aussi des pays à croissance modérée parmi les plus développés (Corée du Sud, Singapour, Japon) et les moins développés (Philippines, Cambodge). Le poids économique de ces pays est inégal. Deux pays se distinguent. La Chine est depuis 2010 la deuxième puissance économique mondiale. Il a dépassé le Japon, désormais i puissance économique.  Car, la croissance de ces pays peut être compromise. ( p 221). Depuis 1991, le Japon connaît un marasme économique  profond dont il peine à sortir. De plus, la crise financière et économique  des années 97-98 a frappé de plein fouet l’Asie orientale capitaliste. Sous certains aspects, cette crise ressemblait beaucoup à celle que nous traversons aujourd’hui et qui n’épargne pas la région. Notons également que des catastrophes dites naturelles peuvent affecter les économies de ces pays. Ce fut le cas du tremblement de terre de Kobé au Japon en 1995 et du Tsunami dans le sud de la région en 2004. Ce sera certainement le cas après la triple catastrophe du 11 mars 2011.

 Enfin les limites de la croissance chinoise commencent à apparaître. Par exemple, dans le domaine social, les salariés n’acceptent plus les conditions de traitement. Des grèves sévères aboutissent parfois à des augmentations de salaires. De plus, dans le contexte de la crise près de 20 millions de MINGONG ( travailleurs migrants) ont été invités à regagner leurs campagnes récemment.

                              

b) Intégration économique et dynamiques de développement régional.

Quels flux animent l’AO ? Sur quelle aire s’étend l’expansion économique de l’AO ?

 

D’importants flux de marchandises animent cette zone. L’Asie orientale est en relation avec le monde entier. Par exemple, la Chine est devenue le premier importateur mondial de pétrole, de charbon, et de minerais rares nécessaires aux productions high tech. Mais ces pays échangent également entre eux des matières premières (le Japon achète du bois d’Asie du Sud-est, du pétrole indonésien raffiné à Singapour) et des produits semis finis (composants , produits pétrochimiques intermédiaires). 49 % des exportations des pays asiatiques sont  réalisés en Asie orientale. On parle donc ici aussi de continentalisation.  Mais, pour beaucoup, les produits finis sont destinés aux pays industrialisés.

Les routes maritimes de l’AO connaissent un trafic intense. Le principal axe quitte l’océan pacifique, gagne la mer de Chine méridionale par les détroits de Luçon et de Taiwan et rejoint enfin l’océan Indien par le détroit de Malacca. Aujourd’hui Shanghai (537 MT en 2006) et  Singapour (448 MT) se disputent le titre de premier port mondial. l’Asie Orientale représente 40 % du trafic de conteneurs dans le monde.

 

On observe également d’importants flux de capitaux. Taiwan par exemple investit beaucoup en Chine notamment dans la région du Delta des Perles. Singapour est la première place financière de l’Asie du Sud-Est.

 

Des flux migratoires animent également l’AO. En Chine, il s’agit d’une immigration interne en provenance des régions intérieures. Une part de ces populations n’étant pas inscrite officiellement et installée dans les agglomérations des provinces littorales, elles sont qualifiées de « flottantes » par les autorités. Le phénomène d’immigration en provenance de Corée du Nord reste mineur compte tenu de la population chinoise. Au Japon, les immigrés proviennent généralement d'Asie (Corée, Chine, Philippines).

 

L’Asie orientale est donc une aire de développement à la fois interdépendante et ouverte sur le monde caractérisée par des courants d’échanges intra-régionaux.

 

III Les disparités régionales de l’Asie orientale : une inégale contribution des régions à la puissance de l’AO.

a) les déséquilibres territoriaux.

Les espaces de l’AO sont-ils homogènes ? Quels espaces régionaux contribuent à la puissance de l’AO ?

 

L’Asie orientale n’est pas homogène. Le cas chinois en est une illustration. Les politiques maoïstes du « grand bond en avant » (1958) et de la « révolution culturelle »  (1966-1979) prétendaient corriger le déséquilibré entre le littoral et l’intérieur. Ce fut cependant  un échec. A partir de 1979 la  politique d'ouverture aux capitaux étrangers ne concerne que les côtes ou des ZES sont créées. Entre 1980 et 1992, d’autres villes et d’autres régions ont été ouvertes d’abord sur le littoral puis à l’intérieur.

 

ZES : Zones économiques spéciales: Zones économiques côtières ouvertes par la Chine communiste aux investissements étrangers. Les entreprises étrangères y bénéficient du faible coût de la main d’œuvre et d’une fiscalité avantageuse.

 

Trois Chine peuvent être distinguées :

La Chine fermée, en réserve, les provinces de l’ouest.

56 %de la superficie, 11 % de la population, 7 % du PIB, 1 % des IDE.

Elle est faiblement peuplée par des minorités nationales (notamment les ouighours). Les autorités souhaitent développer ces régions stratégiques dont le sous-sol est riche. Se constitue ainsi d’un front pionnier. Le terme xinjiang signifie d’ailleurs nouvelle  frontière. Les investissements y sont massifs, mais ils profitent surtout au han qui y émigrent au détriment des ouighours.

La Chine en développement, les provinces du centre, la Chine intérieure.

30 %  de la superficie, 48 % de la population, 34 % du PIB, 11 % des IDE.

C’est une Chine assez densément peuplée à double vocation primaire et industrielle.

La Chine ouverte, la Chine littorale, les provinces côtières, la Chine développée.

14 % de la superficie,  41 % de la population , 59 % du PIB, 88 % des IDE.

C’est la Chine la plus développée, la plus dynamique et la plus attractive pour les migrants de l’intérieur et pour les capitaux étrangers. Elle s’organise en trois pôles.

Trois  pôles dominants de la Chine littorale apparaissent : 

Pékin- Tianjin : le centre politique du « Pays du Milieu ».

Autour de la capitale (7,5 millions d'habitants), un ensemble très peuplé 25 millions d’habitants et urbanisée (50 % la population). C’est un espace majeur ( 12 % du PIB de la Chine), au développement ancien (Tangshan ,ville née du charbon est en reconversion) dynamisé par les jeux olympiques de 2008.

Shanghai: Au débouché du Yangzi,  c’est la ville (14 millions d'habitants) la plus moderne et la plus dynamique de Chine. (25 % du trafic portuaire de la Chine en fret, 25 % du trafic conteneurs, 6 % du PIB de la Chine. Elle se modernise à grande vitesse ( quartier d’affaire de Lujiazui, dans la zone du Pudong, l'Exposition universelle de 2010)

Le delta de la rivière des Perles.

Ce delta est une « aire économique ouverte » multipolaire (Hong Kong, Canton, Shenzen , Macao). Il regroupe 25 millions d'habitants et réalise 12 % du PIB chinois. Cet espace entretient des relations très privilégiées avec Taiwan.

 

Grâce à cet exemple, on observe d’abord l’existence de profonds déséquilibres entre les différentes régions des pays de Les espaces qui contribuent à la puissance des Etats sont le plus souvent littoraux. Là, comme ailleurs dans le monde, les processus de littoralisation et  de métropolisation se confirment. Il existe enfin des périphéries plus ou moins intégrées.

 

b) Aménagements du territoire.

Les problèmes posés par l’organisation de ces territoires suscitent des politiques ou des projets destinés à aménager le territoire. Quels sont les enjeux de ces aménagements ?

 

On peut distinguer trois  enjeux majeurs :

 

Maîtriser l’espace, ces atouts et ses contraintes.

Les pays d’Asie orientale s’adaptent aux contraintes naturelles, séismes (constructions parasismiques, portes anti-tsunamis au Japon) , excès climatiques, immensité, insularité ( ponts et tunnels au Japon) . Ils ont également des ressources à exploiter. Ainsi,  le Barrage des Trois Gorges sur le Fleuve Yangzi ( 3ème au monde) a quatre objectifs : produire 85 milliards de KWh , améliorer la voie navigable pour conduire des navires de 10 000 tonnes au cœur de la Chine, protéger les habitants en aval du fleuve par le stockage des débits de crue, transférer 40 Km3  d’eau vers les régions du nord. Les interrogations sont nombreuses sur ses conséquences sur l’environnement.

 

 

Contrôler la croissance urbaine et gérer l’exiguïté.

Il est possible d’évoquer sommairement deux attitudes, l’une qui consiste à créer des terre-pleins (Terre-pleins industriels au Japon, aéroports « sur l’eau » : Kansai dans la baie d’Osaka, le nouvel aéroport Chek Lap KoK de Hong Kong), l’autre qui  encourage le desserrement des activités vers la périphérie proche. Singapour déplace la pauvreté ou les fonctions ingrates dans les espaces frontaliers (Johore, archipel de Riau). Au Japon, l’Etat encourage le développement par implantation  de technopôles ( plan Technopolis 1985-2000) par exemple de la périphérie proche de la mégalopole ( plaine du Kanto, Tokai, Kansai, nord Shikoku et Kyushu).

 

Equilibrer l’organisation du territoire.

Il s’agit de corriger les déséquilibres du territoire. En Chine, les autorités ouvrent désormais les provinces intérieures et cherchent à développer un axe ferroviaire à grande vitesse entre  Pékin et Shenzhen en passant par ces mêmes provinces.

 

 

IV Une difficile construction régionale.

Une AO fragilisée par des tensions internes.

Il y a en effet dans cette région du globe des tensions interétatiques et des facteurs d’insécurité. Il y a d’abord des conflits internes (résistance des Ouighours dans le Xinjiang et des Tibétains en Chine, mouvements séparatistes en Indonésie ( Aceh, Kalimantan, Irian Jaya).Il y a aussi des tensions inter-étatiques. On peut citer par exemple, l’opposition entre la Chine et Taïwan ainsi que les territoires disputés par plusieurs Etats (Kouriles ( Russie-Japon), Takeshima - Tok Do (Japon -Corée du Sud, Senkoku- Dai Yu Tai (Japon , Taiwan, Chine) îles Paracel (Chine –Vietnam), îles Spratly Chine – Vietnam, Brunei, Malaisie, Taiwan, Indonésie)). Cette région est enfin caractérisée par des actes de piraterie : 247 en Asie en 2003, 121 le long des côtes indonésiennes. Mais le phénomène semble perdre de l’ampleur aujourd’hui ;

 

Dans ce contexte, l’unité de cette région du globe semble hypothétique.  Pourtant des tentatives de construction régionales apparaissent.

 

b) Les tentatives de constructions régionales

Existe-il des organisations régionales dans l’AO ?

On peut évoquer l’ASEAN, Association des Etats du Sud-Est asiatique, créée en 1967 dans le contexte de la guerre froide. Elle réunit Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, Myanmar (Birmanie), la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam. La Chine est associée aux négociations mais à l’origine l’ASEAN a été construite en opposition à la domination Chinoise. A terme, en 2010-2015, il est envisagé de créer une vaste zone de libre échange associant les pays précédemment cités à la Chine, au Japon et à la Corée du Sud. AFTA (Asian Free Trade Area).

 

L’APEC, Coopération Economique de l’Asie Pacifique, associe tous les pays de notre ensemble à l’Australie, aux Etats-Unis, à la Russie, au Canada, au Mexique et au Chili. C’est une organisation informelle qui permet entre autres aux E-U d’affirmer le leadership dans la région.

 

L’AO est donc concernée  par plusieurs expériences de construction régionale dans le domaine économique, mais il n’y a pas dans l’AO d’intégration politique comme dans l’Union européenne. De plus aucune de ces organisations n’a une identité correspondant exactement à l’aire de l’Asie orientale.

 

 

Conclusion générale :

L’Asie orientale est-elle véritablement une aire de puissance en expansion ?

 

A l’évidence, les Etats de cette région du globe ont connu des développements et des croissances rapides selon au moins deux modèles  qui en font des partenaires-concurrents de poids face aux deux autres aires de puissance majeures : l’Europe et les Etats-Unis. On constate également que cette aire connaît une expansion spatiale réelle vers d’autres régions et d’autres Etats. On est à ce sujet tenté d’élargir la définition de l’Asie orientale aux pays de l’Asie du Sud-Est qui connaissent un développement rapide.

Seulement, nous avons démontré que l’Asie orientale est loin d’être uniforme. Les rythmes de croissance sont inégaux et on peut distinguer trois pôles majeurs :

Le Japon, troisième puissance économique mondiale dont le système est aujourd’hui remis en cause, mais qui continue à dominer économiquement la région.

Singapour centre financier et nœud de communication majeur.

Les régions littorales chinoises qui attirent des capitaux du monde entier et qui concurrencent désormais le Japon.

Il convient de noter également l’existence, malgré des politiques volontaristes d’aménagement du territoire de fortes disparités régionales internes aux Etats de l’AO.

Il est vrai que l’intégration économique dans cette région du monde est forte. Les flux de natures diverses sont nombreux, les échanges importants. C’est d’ailleurs dans le domaine économique que s’amorce une construction régionale. Mais l’AO reste divisée par d’importants conflits géopolitiques. On peut donc en Asie orientale être partenaires économiques et ennemis potentiels.

 

Dernière mise à jour : 04-11.