TES, TL.

 

Mondialisation, développement et développement durable

 

 

 

Les économies et les sociétés de la planète sont caractérisées par un inégal développement. Par développement, on entend une amélioration du niveau et de la qualité de vie de tous. Le développement est donc l'augmentation du bien-être. Dans le même temps,  on observe un processus de  mondialisation. Ainsi les échanges se multiplient. Les différentes parties du monde sont donc  mises en relation.

 

On peut donc se demander si la mondialisation est compatible avec une amélioration du niveau de vie des générations présentes et futures?

 

 

Développement : par développement, on entend développement économique et social, il est mesuré par l'IDH. Il consiste en une amélioration du niveau de vie et de la qualité de vie de tous. Le développement est donc l'augmentation du bien-être.

 

Développement durable : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Cette notion recouvre les trois aspects fondamentaux du développement et de la qualité de vie de nos sociétés : le développement économique, la protection de l’environnement et le développement social et humain

 

 

Mondialisation : ce mot désigne le processus de généralisation de l’échange sur toute la planète. Elle entraîne donc une mise ne relation des différentes parties du monde.

 

I La mondialisation est un facteur de croissance inégal.

a)             Car les progrès de la croissance et du développement…

 On observe effectivement que la multiplication des échanges se produit en même temps qu’un phénomène de croissance des économies mondiales. Ainsi, entre 1948 et 1993, le volume des échanges de biens a été multiplié par douze. Dans le même temps, la production mondiale a été multipliée par 6.

Ce lien entre mondialisation et croissance semble aussi caractériser les pays qui pour se développer ont fait le choix d’une ouverture de leur économie et d’une augmentation de leurs exportations. Ainsi, la Chine depuis l’ouverture de son économie en 1980 a multiplié son revenu national brut par 4. Cela tendrait à prouver qu’il existe un lien entre intégration dans le commerce international et croissance. Si la croissance n’est pas synonyme de développement, on observe cependant  une amélioration du niveau de vie moyen des populations à l’échelle mondiale. Le rapport 2010 du PNUD observe une agmentation de l’IDH moyen de 18 % depuis les années 90 et de 41 % de puis les années 70. L ’IDH moyen mondial est de 0.753 selon le rapport du PNUD de 2009 (chiffres 2007) contre 0.722 en 2001.

 

Croissance : il s’agit d’une augmentation durable de la production de biens et de services.

 

IDH : Indice de développement humain. Il est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui tient compte du niveau de santé (espérance de vie à la naissance), du niveau d’instruction ( taux d'alphabétisation et nombre moyen d’années d’études ) du revenu, représenté par le PIB par habitant à parité de pouvoir d’achat. L’indice obtenu est compris entre 0 et 1. Plus l'indice est proche de 1, plus le développement est avancé. Actuellement des économistes comme joseph Stiglitz et Amartya Sen travaillent à la mise au point d’un indicateur de bien-être collectif.

 

 

b)             …n’empêchent pas le maintien de profondes inégalités.

D’abord, les rythmes de croissances dans le monde sont très inégaux.  Ceux du développement le sont également. Certains pays voient même leurs IDH baisser. En 2007, 16 pays avaient un IDH inférieur à celui de 1990. L’IDH de trois de ces pays là  (République démocratique du Congo, Zambie et Zimbabwe) était inférieur à ce qu’il était en 1975. [Rapport 2007-2008 du PNUD].On observe également dans le monde une augmentation de la population pauvre. 1.2 milliards de personnes ont moins de 1 $ par jour pour vivre dans le monde. Il est à  noter que ce phénomène caractérise aussi les pays riches. Ils sont 180 millions dans les pays de l’OCDE à vivre dans les mêmes conditions.

 

Conclusion : Si on observe une amélioration de la moyenne générale des niveaux de développement, force est de constater que de profondes inégalités se maintiennent et que le rythme du développement n’est le même  partout. Visiblement, la mondialisation n’est pas synonyme de développement généralisé. Elle semble surtout favoriser les espaces déjà intégrés dans l’espace économique planétaire.

 

II Une mondialisation actuellement difficilement compatible avec un développement durable.

a)             Car les ressources de la planète sont limitées…..

La croissance mondiale a longtemps reposé sur l’exploitation de ressources mondiales non renouvelables.  Aujourd’hui encore,  les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon)  représentent 80% de la production énergétique mondiale contre  13 % pour les énergies renouvelables ( biomasse, hydraulique, géothermie, éolien, énergie solaire ) et 8 % pour  le nucléaire. Seulement, certains experts estiment que compte tenu des réserves connues, les gisements de pétrole (ressource fossile) pourraient s’épuiser d’ici 40ans. La surexploitation et surconsommation posent la question de l’épuisement des ressources.

 On observe cependant des différences en fonction des politiques énergétiques nationales. Le charbon (lignite comprise) représente 23.9 de l’énergie consommée en Allemagne en 2006 contre 4.5% en France. Tandis que le nucléaire représente 12.6 de l’énergie consommée en Allemagne en 2006 contre 42,6% en France.

 

Energies fossiles non renouvelables : Ensemble des sources d’énergie que l’on trouve à l’état naturel dans le sous-sol et qui ne se renouvellent pas à une échelle de temps humaine (plusieurs millions d’années nécessaires)

 

b)             …. et le modèle économique dominant a un impact sur l’environnement 

Pour nourrir une population croissante et assurer ainsi son développement, des progrès ont été nécessaires dans l’agriculture. Ces progrès ont été obtenus grâce à la révolution verte. Ainsi, entre 72 et 2002, il y a eu 2.2 milliards de bouches en plus à nourrir. Seulement, sur la même période la consommation d’engrais a augmenté de 4 millions de tonnes chaque année. L’industrie et les transports sont aussi des activités très polluantes. Elles produisent notamment des gaz à effet de serre (GES). On observe que les pays les plus industrialisés sont les plus grands émetteurs de GES. Un américain produirait ainsi autant de GES que 19 indiens ou 269 Népalais. Les pollutions ( les français produisent 500 kg de déchets en moyenne par an) et l’exploitation par prédation des ressources de la planète (déforestation, pêche intensive) menacent la biodiversité de la planète.  Selon l’Onu 1130 espèces de mammifères et 1183 espèces d’oiseaux sont menacées de disparition. Nos modes de vie ont donc un impact sur l’environnement. L’empreinte écologique est un indicateur synthétique qui tente de mesurer la charge qu'impose à la nature une population donnée. Mais pour Sylvie Brunel, les différents indicateurs d’empreintes écologiques ne tolèrent en réalité que les niveaux de vie d’un Boliviens et d’un Burkinabé. Ils omettent cependant de signaler que dans ces pays l’espérance de vie ne dépasse pas 60 ans et qu’ils perdaient deux enfants sur dix avant l’âge de cinq ans.

 

Révolution verte : Révolution agricole dans les pays en développement depuis, les années 50. Elle passe par l’utilisation de variétés à hauts rendements ( VHR), d’engrais et de produits phytosanitaires, par la mécanisation et l’irrigation.

 

 Gaz à effet de serre (GES) : gaz atmosphériques (plomb, dioxyde de soufre, ozone, dioxyde d’azote, particules en suspension, gaz carbonique) qui piègent et détournent  une partie de l’énergie rejetée par la terre sous la forme d’infrarouges. Cette énergie captée occasionne un surplus de chaleur. 

 

Voir un schéma.

 

 

Biodiversité : Désigne l’ensemble des espèces vivantes, animales et végétales, qui composent la totalité des écosystèmes de la planète.

 

Environnement : ensemble des éléments physiques et humains qui constituent le cadre de vie d’un individu ou d’une société.

 

Empreinte écologique : superficie des écosystèmes terrestres et aquatiques nécessaires pour produire les ressources employées et pour assimiler les déchets produits par une population donnée, ayant un certain niveau de vie matériel. Le mode de calcul de cet indicateur peut être discuté.

 

 

c)              des efforts sont cependant mis en œuvre pour promouvoir le développement durable.

Dès 1968-1972, le « Club de Rome » (Organisation Non Gouvernementale) démontrait l’existence d’une distorsion entre le caractère fini des ressources mondiales et l’intensité du prélèvement et préconisait une « croissance zéro » (rapport Meadows) . En 1987, la commission  Brundtland développait une nouvelle notion : le développement durable. Ce concept fut repris par la conférence de Rio en 1992 et par l’OMC en 1995. Ainsi à partir de 1997, fut mis au point le protocole de Kyoto destiné à mettre en application ce principe. Il fut signé en 2001 et cherche à coordonner les politiques des Etats pour lutter contre l’émission de GES et maintenir la biodiversité. Les pays industrialisés s’engagent à réduire l’émission de GES de 5.2 % d’ici 2012 et un programme d’action intitulé Agenda 21 a été mis en place. Selon le principe : « Penser global, agir local », il formule 2500 recommandations pour le 21ème siècle.  Après l’échec du sommet de Copenhague, l’accord de Cancún en décembre 2010 fixe l’objectif de limiter  à 2°C au dessus des niveaux  pré-industrielles la hausse des moyennes de température et abouti à la création d’un fonds vert de 100 milliards de dollars.

 

 

Commission Brundtland : commission formée par des initiatives privées destinée à réfléchir sur le développement et la protection de l’environnement.

 

Développement durable : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Selon certains auteurs [Olivier Godard], le développement durable cherche à assurer : « la durabilité écologique, la viabilité économique et l’équité sociale ».

 

a)             Les solutions proposées font cependant l’objet de discussions.

Ainsi, considérant que les accords de Kyoto constituaient un frein pour leur développement, les Etats-Unis ne les ont pas ratifiés. Ils préfèrent promouvoir le principe d’un marché du  permis de polluer. Un tel marché existe désormais en Europe. On constate alors que l’effort consenti pour limiter l’émission de GES est très inégal. Les pays de l’Union européennes sont les seuls à avoir limité de façon significative leur  production de CO2 et autres gaz. Enfin, certains pays en développement estiment que les conditions imposées pour préserver les ressources et l’environnement compromettent leur développement dans la mesure où celui-ci est en partie basé sur l’exploitation de ces richesses naturelles. C’est le cas notamment du Brésil, de la Malaisie ou de la Chine. En 2006, la Chine est devenue le premier pays émetteur de GES devant les EU. Les alter mondialistes dénoncent la logique productiviste et libérale de développement prônée par l’OMC ou le FMI. Ils proposent des alternatives concrètes comme par exemple, le commerce équitable. Les tenants de la décroissance estiment que les logiques de développement durable et de croissance verte ne rompent pas avec le principe de croissance incompatible avec le caractère fini des ressources. Pour finir, certains prônent une démondialisation pour donner le primat aux productions et satisfaire  les besoins des sociétés et non plus favoriser systématiquement les exportations.

 

Permis de polluer : possibilité offerte à un  producteur, une entreprise ou un pays d’en payer un autre afin qu’il assume ses propres obligations de réduction des émissions de GES.

 

Alter mondialiste : mouvement qui sans rejeter la mondialisation  propose la réguler, de changer les logiques de développement dans le monde et de donner aux citoyens le pouvoir de contrôler les organisations internationales.

 

Commerce équitable : partenariat commercial basé sur une collaboration entre producteurs et diffuseurs en réduisant les intermédiaires. On parle d’équité dans la mesure où, il s’agit d’acheter les productions à des prix convenables pour les producteurs des pays en développement des produits. Ce commerce cherche donc à garantir le respect des droits fondamentaux ( non exploitation des enfants, refus du travail forcé) et à encourager les modes de production conformes au principe de développement durable.

 

 

Conclusion : On assiste donc dans le même temps à un processus de développement des échanges à l’échelle mondiale et à un phénomène de croissance de la production mondiale. Le niveau de développement moyen s’élève également. Mais la mondialisation n’est pas synonyme de développement généralisé. De profondes inégalités se maintiennent malgré les progrès réalisés. En outre les logiques de développement choisies compromettent l’environnement et les ressources naturelles.

De ce constat, libéraux et alter mondialistes tirent des enseignements différents. Les libéraux tablent sur un rattrapage général du niveau de développement  par les pays du Tiers-monde en considérant que le libre échange est le seul moyen de stimuler les productions nationales. Les alter mondialistes, eux, font le constat d’un inégal développement persistant. Ils accusent donc la logique libérale de la mondialisation d’assurer le triomphe des économies dominantes et de compromettre le développement des générations futures. Une chose est sûre aujourd’hui : les pays les plus développés sont ceux qui prennent le plus de mesures pour mieux protéger l’environnement mais les pays en développement sont ceux qui souffrent le plus des dégradations du patrimoine naturel.

 

Bibliographie :

 

BRIONNES H., TELLENNE C., Mondialisation, environnement et développement, zoom Géo, ellipses, 2004.

BRUNEL S., A qui profite le développement durable ?, Coll. A dire vrai, Larousse, 2007

 

 

 

Sitographie :

 

Sur Géoconfluence, l’espace de partage et de ressources en géographie proposé par la DGESCO - (Direction générale de l'enseignement scolaire) et l'ENS LSH (École Normale Supérieure - Lettres Sciences Humaines) à Lyon : Le développement durable, approches géographiques, publié en 2004 et mis à jour en juillet 2008.

Lien

 

 

Le site d'Agir21 : www.agir21.org

 

Dernière mise à jour :10-11