Mondialisation
et activités illicites
La mondialisation est la mise en relation des différentes
parties du monde par la multiplication des flux de toute nature. Dans ce
contexte d’échanges généralisés, on peut se demander si les activités
illicites profitent de la mondialisation .
I Des activités illicites qui s’inscrivent dans la mondialisation.
Il convient de noter d’abord l’importance des flux illicites
qui s’inscrivent discrètement dans d’autres flux de la mondialisation.
On estime que la valeur des trafics illicites ( flux clandestins de personnes,
trafics d’armes et de drogues).est comprise entre 500 et 1000 milliards de dollars.
Selon l’OGD ( Observatoire Géopolitique des Drogues) la
production de drogue est la production agricole qui a le plus augmenté en
volume et en valeur.
On estime que le trafic de stupéfiant représente 4 % du PIB
mondial.
Dans certains cas, les activités illégales profitent des flux
générés par la mondialisation. Ainsi depuis quelque temps, on voit se développer
à nouveau la piraterie sous différentes formes. De façon plutôt modeste dans
les espaces touristiques où se pratique la plaisance ( Caraïbes ), à grande
échelle dans les lieux de passage obligés du trafic mondial de marchandises.
On peut citer par exemple le détroit de Malacca.
Au total, on a recensé 247 cas de piraterie en Asie en 2003, 121 le long des
côtes indonésiennes.
II Des activités illicites qui profitent de la
mondialisation.
Les flux illégaux profitent de la libéralisation des flux de
capitaux. Ainsi les revenus des trafics
illégaux convergent vers les paradis
fiscaux
Paradis fiscal : Un paradis fiscal est un
territoire à fiscalité privilégiée. Il y a 42 pays regroupés sous le terme
paradis fiscaux. Quelques exemples : Andorre, Bermudes, Gibraltar, Macao,
Malte, Monaco, Chypre, Liechtenstein, île Maurice, Seychelles, Bahamas,
Vanuatu, Luxembourg...
Face à ces trafics,
Les moyens des Etats sont limités
lorsqu’il s’agit d’identifier l’origine de capitaux dans les paradis fiscaux.
Le GAFI ( Groupe d’Action Financière Internationale) se révèle incapable de
lutter contre le blanchiment de l’argent de la drogue.
Dans les pays en développement les activités illicites
profitent de la déliquescence des Etats qui ont du mal à affirmer leurs
souverainetés. Ainsi, au Sénégal, 10 % seulement des Sénégalais paient 80 %
des recettes fiscales à cause du poids de l'économie informelle. Hors le
fonctionnement de l'État est une condition pour le développement et rend
attractif un territoire. Les mafias ( Triade chinoise, cartels colombiens et
mexicains, yakusa japonais) profitent
de l’incapacité des Etats à les circonscrire.
II Des activités illicites qui se développent dans le
contexte des disparités nord-sud.
On observe, en effet, que la plupart des flux illicites sont
des flux sud-nord.
Il est possible de donner quelques éléments de
réponses :
D’abord, la culture de la drogue est souvent une ressource
pour les plus pauvres.
Au Maroc, 100000
tonnes de kif brut sont produits sur
250000 hectares. Cette activité rapporte 3000 à 4500 euros par hectare. En Côte d’Ivoire, 10 ares de cannabis
rapportent autant que 30 ha de cacaoyers. Un certain nombre d’agriculteurs se
tournent donc vers ce type de culture de rapport. Ces activités sont d’autant plus rentables que la demande la plus
solvable se trouve dans le nord. ( 180 millions de consommateur au nord selon
l’ONU-2000)
En ce qui concerne les flux de personnes, émigrer c’est rechercher
une existence supportable ailleurs. Mais
attention sur les 200 millions de migrants dans le monde seule une minorité
est en situation irrégulière .
Face à ces flux illicites, les Etats du nord développent des
stratégies de contrôle aux frontières, notamment pour les trafics de drogue et
de personnes.
Conclusion : Les activités
illicites s’inscrivent plus dans la mondialisation. Dans certains cas
également, elles en profitent. Les
inégalités de développement contribuent à alimenter certains flux
clandestins.
Bibliographie
Laurent Carroué , Géographie
de la mondialisation, Armand Colin,
2004.
Sylvie Brunel, L’Afrique.
Dernière mise à jour : 10/09