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Les transformations économiques des pays industrialisés depuis 1945.

 

Pb : Quelles grandes phases peut-on distinguer dans l’évolution économique des pays industrialisés de 1945 à nos jours ? Comment expliquer les fluctuations observées ?

 

I Les moyens de la reconstruction.

D'abord, partout en Europe, la population est sollicitée pour contribuer à l’effort de redressement. Le plan Marshall, programme d'aide américain destiné à stimuler la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, est proposé en 1947 et adopté par le Congrès américain en avril 1948. Il est prévu pour une durée de quatre ans et porte sur une somme d 13t milliards de dollars, dont 85 % de dons et 15 % de prêts à long terme. Il est cependant rejeté par l'URSS et les démocraties populaires. L'Organisation européenne de coopération économique (OECE-future OCDE) est créée pour accompagner la mise en oeuvre de cette aide dans les seize pays européens qui l'ont acceptée. Les accords de Bretton Woods en 1944 instaurent les système du même nom. Dans ce système, l’or est l’étalon universel des valeurs (étalon de change-or, ou Gold Exchange Standard). Le dollar, monnaie de référence internationale, est convertible en or : 31.10 g d’or = 35 $. Les Etats-Unis détiennent d’ailleurs à ce moment là les 2/3 du stock d’or mondial. Les monnaies ont donc des parités fixes ( ou presque) par rapport à l'or ou au dollar. Les monnaies ainsi stabilisées, la reconstruction et le commerce se font dans un contexte plus favorable. A Bretton Woods fut égalementmis en place un Fonds Monétaire International (FMI) , financé pour 1/4 par les EU pour venir en aide aux pays dont la stabilité monétaire était menacée. Une Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) fut fondée, les EU assurèrent 35 % de son financement. L'URSS présente à cette conférence refusa de participer à ces deux institutions. Est également mis en place un système de négociations commerciales ( GATT- General Agreement on Tariffs and Trade) . Le premier round de discussion eu lieu à Genève en 1947.

Parité fixe : Valeur constante d’une monnaie par rapport à une autre.

II 1945-1973: Les années de croissance.

a) "Les trente glorieuses"

L'intervale 1945-1973 correspond à une période de croissance. En effet, dans cet intervalle, la production mondiale a été multipliée par 3. La croissance annuelle était alors de 5 % en moyenne dans les pays de l'OCDE. L'économiste Jean Fourastié a donné à ces années le nom de "trente glorieuses".

Croissance: Augmentation durable de la production de biens et de services. PNB : Produit national brut. Ensemble des richesses réalisées par les entreprises d'un pays.PIB : Produit intérieur brut : Ensemble des richesses réalisées sur le territoire d'un pays.

b) Les causes de la croissance.

La croissance est due à une combinaison de facteurs. Elle est d'abord liée à l’augmentation de la consommation. Celle-ci s'explique de plusieurs façons. D'abord la population mondiale augmente. Elle est passe de 2,5 milliards d'habitants en 1950 à 3,6 milliards en 1975. Dans les pays industrialisés, l’augmentation de la fécondité constatée après la guerre jusqu’en 1965 est qualifiée de baby-boom. Dans le même temps, on assiste à une augmentation du niveau de vie et à un développement du crédit et de la publicité. Cela permet d’entretenir la demande. Par ailleurs, le commerce mondial prospère grâce à l'amélioration des transports. Enfin, de nombreuses innovations techniques, le coût relativement faible des matières premières permettent de réaliser des gains de productivité.

Productivité : Rapport entre la production et les moyens nécessaires pour la réaliser (temps de travail, matières première, etc...)

c) les acteurs de la croissance.

Les entreprises sont des actrices de la croissance. On observe, d'alleurs dans cette période une tendance à la concentration de ces dernières. Se forment ainsi de grandes multinationales comme ITT par exemple aux Etats-Unis. Ces multinationales représentent en 1970 20 % de la production mondiale ( pays socialistes exclus)

L’Etat intervient également beaucoup dans l’économie. Il joue le rôle d’Etat providence en garantissant une protection sociale. Mais attention, si la couverture des dépenses de santé est très poussée en France ou en Grande-Bretagne ( Les travaillistes, au pouvoir en 1945 avec Clement Attlee, décident de grandes réformes sociales, qui préfigurent le Welfare State: service national de santé gratuit, assurances sociales, démocratisation de l'enseignement ) elle l’est beaucoup moins aux Etats-Unis. Certains Etats conservent des secteurs publics importants c’est le cas de la France ou de la Grande-Bretagne qui a nationalisé une partie de sa production sidérurgique.En France, est même mis en place un système de planification dont l’objectif est de moderniser l’économie. Il est confié à Jean Monnet, l’un des pères fondateurs de l’UE.

III À partir de 1973, la "crise".

a) Les manifestations de la "crise".

La production ralentit. La croissance du PIB mondial est passée de 6 % en 1973 à 0,6% en 1974. La production ne baisse donc pas elle ralentit. On parle de dépression plutôt que de crise.Le chômage augmente. Il passe, par exemple, de 5 % de la population active en 1975 à 10 % en 1982 dans les pays de l'OCDE. Les prix augmentent eux aussi. On parle d'inflation. Dans les pays de l'OCDE, l'inflation a atteint 10 % /an en 1975. Pour la première fois, contrairement aux crises classiques du 19ème et du 20ème siècle, on assiste en même temps à un ralentissement de la croissance et à une augmentation des prix.On a donc parlé pour qualifier cette situation de stagflation.Pour Nicolas Baverez  aux "trente glorieuses "auraient donc succédé les " trente  piteuses". Cette expression est discutée car le PIB a continué à augmenter. Il a doublé, en effet,  entre 1973 et 2000.

Dépression: diminution prolongée du taux de croissance de la production.OCDE : Organisation de coopération et de développement économique créée en 1948 (OECE) pour favoriser la reconstruction européenne. (voir plus haut) Inflation : Augmentation durable des prix. C’est l’originalité de cette crise, elle associe en effet un ralentissement de la croissance à une augmentation de prix.Stagflation : situation économique caractérisée à la fois par l’inflation et la stagnation ou ralentissement de la croissance économique.

b) Les causes de la dépression.

Dès 1971, les EU conscients des limites des réserves en pétrole acceptent l’idée d’une l’augmentation du prix du pétrole. Mais on retient en général , l’impact plus tardif des chocs pétroliers. En 1973, lors de la guerre du Kippour, les pays du Proche-Orient décident des hausses du prix du brut allant jusqu'à 100 % et l'embargo des livraisons vers certains pays, notamment les Etats-Unis qui soutiennent alors Israël (Remarque :en réalité les américains n’ont jamais manqué de pétrole au Vietnam) . C'est le premier choc pétrolier. Le second choc pétrolier survient en 1979 à l'occasion de la Révolution iranienne: en un an, les prix du brut doublent (de 14 à 28 dollars le baril). Entre 1973 et 1980, le prix du pétrole est multiplié par dix. Mais les chocs pétroliers de 1973 et 1979 n’expliquent qu'en partie seulement la hausse des prix. En effet, des désordres monétaires sont également responsables de l'inflation .En 1971, les Américains décident de supprimer la convertibilité du dollar en or. Ils mettent ainsi fin au système de Bretton Woods. Moins limités dans leurs politiques monétaires, les Etats font fonctionner la planche à billets (ils impriment plus de billets) pour financer leurs dépenses. Mais ce gonflement artificiel de la masse monétaire et l’affaiblissement de la valeur des monnaies entretient la hausse des prix. On observe également une baisse de la productivité des entreprises. Elle est due à la hausse du coût du pétrole et à un essoufflement des innovations et des investissements. Enfin, on assiste à un tassement de la consommation. Beaucoup de ménages étaient déjà équipés et dans les pays développés, la croissance démographique s'est ralentie.

c) les réactions

Pour réduire leurs coûts et augmenter leur productivité, les entreprises robotisent et délocalisent une grande partie de leurs activités. Cette attitude rend plus difficile la lutte contre le chômage.

Les Etats adoptent au moins deux grands types de politiques. Certains gouvernements adoptent des politiques de relance assimilables à des tentatives keynésiennes. L’objectif est alors de relancer la production en favorisant la consommation. Des emplois de fonctionnaires sont crées, les indemnisations du chômage sont augmentées. L’Etat intervient dans l’économie en aidant les entreprises en difficulté. Certaines peuvent d’ailleurs éventuellement être nationalisées.Cette politique a cependant des inconvénients. Elle rend nécessaire le maintien de charges fiscales et salariales importantes. Elles s’accompagnent souvent d’un déficit budgétaire. Cette situation peut favoriser l’inflation et l’affaiblissement de la monnaie.

Exemples : Jacques Chirac en 1975, Pierre Mauroy en 1981-1982 (Il parvient cependant à contrôler l’inflation), Jimmy Carter aux Etats-Unis en 1977-1978.

D’autres gouvernements préfèrent adopter des politiques d’austérité d’inspiration strictement libérale. On parle aussi parfois de politique de rigueur.Les objectifs sont alors les suivants : rendre les entreprises compétitives en réduisant leurs coûts et réduire l’inflation.Pour cela, les dépenses publiques sont baissées, le chômage est moins indemnisé, les prestations sociales sont limitées. Dans le même temps, les prélèvements obligatoires sont abaissés et la hausse des salaires est bloquée. Certaines entreprises du secteur public sont privatisées. On assiste à un désengagement de l’Etat. Seulement les gains de productivité n’ont pas toujours profité à l’investissement. Dans certains pays, comme aux etats-unis, on a plutôt assisté à une augmentation de la spéculation. Par contre, les situations de précarité de l’emploi se sont multipliées et dans certains pays sont apparus de nouveaux pauvres.

Exemples : Margaret Thatcher, 1979, Ronald Reagan 1981.

Aujourd’hui, la politique menée s’apparente plutôt à une politique d’austérité même si le gouvernement s’en défend. La crise des « subprimes » n'arrange pas la situation.

Crise des « subprimes » : Crise provoquée par l'accumulation de créances douteuses à des taux variables concédées par les banques. En difficulté financière, celle-ci finissent par rendre le crédit plus couteux. Cela freine la consommation et l'investissement.

Conclusion: Les chocs pétroliers ne suffisent pas à expliquer la crise. Les politiques pour sortir de la crise sont multiples mais leurs efficacités sont discutables.

 Pour voir un organigramme explicatif :

stagflation.ppt

Conclusion : Il est possible de distinguer deux grandes phases dans l’évolution économique de 1947 aux années 90. Une phase de croissance exceptionnelle par le rythme et la durée. Une période de crise originale par ces manifestations. La question aujourd’hui est de savoir s’il faut s’habituer désormais à des rythmes de croissance lents.

 Dernière mise à jour : 09-2010