TS
TES
La
guerre froide 1947 –1991
On
doit l'expression guerre froide au journaliste Walter Lippman qui l'utilisa en 1947 pour qualifier les relations
internationales. Il s’agit d’un conflit d’intensité variable, à forte dimension
idéologique marqué par l’opposition constante entre deux blocs, deux modèles,
deux puissances, les Etats-Unis et l’URSS mais sans affrontement direct entre
ces dernières.
Pb : Quelles sont les phases de cette
opposition ?
Voir une proposition de représentation de la
chronologie de la guerre froide à l'issue d'une réflexion avec les élèves :
chronologie_guerre_froide2006.ppt
I 1947-1953 : Après la constitution des
blocs, une des périodes les plus tendues de la guerre froide (Pierre
Grosser).
a) 1947-1949 : la mise en place des blocs.
( Voir
leçon précédente)
b) 1950-1953 : Un
sommet de l’antagonisme entre les deux grands.
D’abord, à
l’occasion de la guerre de Corée
(1950-1953), l’affrontement entre les
deux blocs est désormais évident. A la fin de la seconde guerre mondiale, la
Corée était occupée au Nord par les Soviétiques au Sud par les Américains. Deux
républiques naissent en 1948. Les deux grandes puissances se retirent 1949,
mais en juin 1950, la Corée du Nord
communiste lance une offensive contre la Corée du Sud. L’ONU envoie contre
l’agresseur une force multinationale essentiellement
américaine pour soutenir la Corée du Sud. A partir de 1951, la Corée du Nord est soutenue également
par la Chine. Le conflit aboutit
finalement à une partition du pays de part et d’autre d’une frontière dessinée
le long du 38° parallèle.
L’armistice fut signé le 27 juillet 1953 entre les représentants des forces de
l’O.N.U. d’une part et des forces chinoises et nord-coréennes d’autre part.
Pendant ce temps, l’organisation des blocs se poursuit.
Le Pacte du Pacifique ou ANZUS
(Australie- Nouvelle-Zélande -Etats-Unis) signé en septembre 1951, permet
au camp occidental de poursuivre l’encerclement du bloc communiste. Ce
dernier [Le bloc communiste] s’étoffe avec la signature par Mao et Staline en février 1950 d’un traité « d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle sino-soviétique
».
II
1953-1975 : entre détentes et crises, la guerre froide : un conflit
d’intensité variable.
a) La coexistence pacifique et la
poursuite de la construction des blocs.
En 1953, meurt Staline. Son successeur, Nikita Khrouchtchev rompt d’abord avec
le Stalinisme. En 1956, son rapport secret fait état de l’épuration
des cadres du parti communiste et dénonce le culte de la personnalité de
Staline. Il adopte ensuite le principe de coexistence
pacifique. Dans ce nouveau contexte, en 1957, l’URSS lance le
premier satellite artificiel et impressionne ainsi son adversaire. Par ailleurs,
les deux grands s’entendent notamment à l’occasion de la crise de Suez pour faire pression sur la France et la
Grande-Bretagne pour qu’elles se retirent.
Les deux blocs cherchent cependant à se consolider. A
l’ouest, les alliances se poursuivent avec, l’OTASE en 1954 (les trois pays de l’ANZUS + le Pakistan, les
Philippines, la Thaïlande, le Royaume-Uni et la France) et le Pacte de Bagdad en 1955 (Royaume-Uni, Turquie, Iran, Pakistan, Irak). A l’est, il
s’agit pour l’URSS, de conforter son contrôle sur les Etats satellites en
créant en 1955, le Pacte de Varsovie.
L’Union soviétique cherche également à intégrer économiquement ces Etats en
adoptant en 59, la charte du COMECON.
Coexistence pacifique :
Doctrine selon laquelle la victoire du communisme sur le capitalisme doit être
envisagée de façon pacifique au profit d’une compétition économique,
idéologique et scientifique.
b) Les
crises du début des années 60.
Au début des années 60, relations entre les deux grands
se dégradent. Les tensions débutent avec l’affaire de l
‘avion espion américain U2 abattu le premier mai 1960 alors qu’il violait
l’espace aérien soviétique. La
construction du mur de Berlin est une autre manifestation de l’effritement
de la coexistence pacifique.
Khrouchtchev souhaite que la ville de Berlin soit rattachée à la RDA ou placée
sous le contrôle de l'ONU. Il veut également
limiter l’émigration de nombreux allemands de l’est. Les autorités est
allemandes construisent donc un mur de 113 km de long autour de Berlin Ouest en 1961. Enfin, intervient la grave
crise
de Cuba en 1962. Fidel
Castro demande une aide militaire à Khrouchtchev et accepte l’installation de
fusées soviétiques ce qui représente une menace directe pour les E-U. J.F
Kennedy exige le retrait de cet armement et met en place un blocus autour de l’île. Finalement, le
28 octobre 1962, Khrouchtchev retire ses fusées. Kennedy promet de ne pas attaquer
Cuba et de démanteler les missiles installés en Turquie. A l’occasion de cette
crise, la répétition des incidents a
montré que l’opposition pouvait très facilement tourner à l’affrontement
nucléaire.
c) 1963-1975, une période de détente nécessaire.
La peur d'un
conflit nucléaire a amené les deux grands à tenter de s'entendre. On parle
alors de détente. En 1963 est mis en place le téléphone rouge (traduction
approximative de l’expression anglo-saxonne du moment :hot
line) . En 1972 sont signés les accords SALT 1. En 1975, les américains et les soviétiques
collaborent dons la conquête de l'espace en montant l'opération Apollo-Soyouz. Brejnev qui a remplacé Khrouchtchev en
URSS considère que les deux grands peuvent imposer au monde un condominium.
Cependant, cette
domination connaît des limites et des
oppositions dans chacun des deux camps. Dans le bloc de l'ouest, c’est De Gaulle qui marque son indépendance vis à vis des Etats-Unis
en sortant en 1966 du commandement intégré de l'OTAN. Les
Etats-Unis s’enlisent au Vietnam où ils se sont engagés officiellement à partir
de 1964. Ils finissent par quitter ce pays en 1973. C’est l'échec dans cette région de la
politique d'endiguement. Dans le bloc de l’est, c’est d'abord la Chine qui
prend ses distances vis à vis de Moscou au début des années 60. La Chine
reproche, en particulier, à l'URSS sa domination du monde communiste et son
manque de vigueur vis à vis du camp adverse. Le bloc communiste n’est donc plus monolithique. En 1968, a lieu le Printemps
de Prague. Alexandre Dubcek
tente de réformer le régime Tchécoslovaque. Mais, le 21 août, les troupes du pacte de Varsovie, en
particulier des Russes et des Allemands, envahissent la Tchécoslovaquie.
III
1975-1991 : Du refroidissement à la fin de la guerre froide. Vers la fin
de l’opposition.
Comment expliquer
la fin de la guerre froide ?
a) 1975-1985 :
La guerre fraîche ou seconde guerre froide
La « guerre fraîche » débute
avec l’expansion de l’influence communiste.
En Asie, en 1975, les
nord-vietnamiens communistes entrent dans Saigon (Ho Chi Minh-Ville) et
remportent la guerre du Vietnam. La même année est mise en place là République
Démocratique Populaire du Laos, les Khmers rouges de Pol Pot, soutenus par la
Chine communiste prennent le pouvoir au Cambodge. En Afrique, en Ethiopie, en Angola ou au Mozambique des dirigeants
communistes prennent le pouvoir et signent des traités d’amitié avec l’URSS. En
Amérique latine, la gauche progresse (Grenade, Nicaragua en 1979).En Europe, la même année, les soviétiques commencent l’installation des
SS20. En Afghanistan, l’Urss intervient en
1979 pour soutenir un gouvernement
prosoviétique menacé par une insurrection islamiste. C’est une erreur.
Pendant la même période, les Etats-Unis
connaissent des doutes et des difficultés. Ils perdent un allié
pro-occidental précieux, à l’occasion de
la révolution islamiste iranienne en 79.
La même année un traité de non prolifération est signé entre les deux grands (SALT 2).
Le climat change cependant avec
l’arrivée au pouvoir du républicain Ronald Reagan en 1980. Son slogan est
désormais « America
is back» face à un adversaire soviétique qu’il
désigne comme « l’empire du
mal ». Il annonce dans le même élan la mise en œuvre d’
un projet de bouclier nucléaire (Initiative de défense stratégique -IDS) surnommé
Guerre des étoiles. A l’automne 1980, les Etats-Unis envahissent Grenade aux
Antilles et éclate la crise des
euromissiles en Europe. Les E-U installent en effet des Pershing en
Europe en réponse aux SS20 soviétiques. Dans toute
l'Europe, des mouvements pacifistes se développent pour dénoncer la
prolifération nucléaire.
b) 1985-1989 :
la fin de la guerre froide.
La
chute de l’URSS ne saurait simplement s’expliquer par l’attitude intransigeante de R. Reagan.
Il
faut d’abord évoquer le rôle des mouvements
d’opposition qui se sont développés dans les sociétés civiles des démocraties
populaires : le syndicat « solidarité en Pologne face au général Jaruzelski, les intellectuels de la
Charte 77 en Tchécoslovaquie, qui demandent le respect des droits de l’homme.
Certains considèrent également que l’élection d’un pape Polonais, jean Paul II a pesé dans la fin du conflit. La
question est discutée. Enfin, l’arrivée au pouvoir en mars 85, de Mikhaïl Gorbatchev permet
l’apparition de brèches dans le rideau de fer. Il est conscient du fait que l’URSS s’affaiblit
économiquement dans la couse au
suréquipement militaire. Il est donc convaincu de la nécessité de négociations. A partir de 1984, R. Reagan se montreé galement favorable à des discussions. S’amorce donc
une nouvelle détente. En 1987, est
signé le traité de Washington qui
prévoit l’élimination des armes nucléaires de courte et moyenne portée. M.
Gorbatchev sent également que des transformations
politiques sont nécessaires. Il lance la Perestroïka et la Glasnost.
Face à la résistance, des moudjahiddins afghans, il retire les troupes soviétiques
d'Afghanistan en 1989. Enfin, il annonce aux dirigeants de
démocraties populaires que les troupes
soviétiques n’interviendront plus en cas de contestations intérieures. Or, en
89, se succèdent des événements qui aboutissent à la chute du mur de Berlin.
Ainsi en Hongrie, en mai 89 sont
annoncées des élections libres,
l’abandon du marxisme léninisme et l’ouverture
de la frontière avec l’Autriche. Le 4
juin, des élections législatives
libres ont lieu en Pologne. En octobre-novembre se déroule en
Tchécoslovaquie la «Révolution de
velours». Des Allemands de l’Est, profitent de cette situation dans les
pays voisins pour passer à l’Ouest. Les
manifestations se multiplient en RDA. Le 9 novembre, les dirigeants allemands ne pouvant compter sur un
soutien de l’URSS, décident d’ouvrir le
mur de Berlin. C’est donc la mobilisation
civique d’une ampleur variable selon les démocraties populaires qui oblige les dirigeants communistes à
accepter des transitions démocratiques. Le refus de Gorbatchev d’intervenir est cependant déterminant.
La fin de la guerre froide s’explique donc par la combinaison de plusieurs facteurs.
On considère le sommet de Malte en
décembre 89 comme la fin de la
guerre froide. Remarque : notez bien que ce n’est que le 3 octobre 1990 qu’est proclamée la réunification de l’Allemagne. En décembre 1991, après la démission de
Gorbatchev, on assiste à l’éclatement de
l’URSS.
Perestroïka
: Restructuration, reforme des institutions pour rendre
leur fonctionnement plus démocratique et tentative d’améliorer les résultats
économiques
Glasnost :
Politique de plus grande transparence dans les médias.
Conclusion : Ce qui caractérise
la guerre froide, c’est l’opposition constante entre deux blocs menés
par deux grandes puissances sans que celles-ci ne s’affrontent directement.
C'est un conflit d'intensité variable, les phases de tensions alternent avec
les phases de détente ou de réchauffement des relations entre les deux grands.
Si chacun essaye d’imposer son modèle c’est finalement l’URSS qui s’essouffle
la première. La fin de la guerre froide
ne saurait s’expliquer par un seul facteur ou par le rôle d’un seul homme.
La combinaison de plusieurs éléments et l’enchaînement de plusieurs évènements
aboutissent à la chute éminemment symbolique du mur de Berlin.
Bibliographie :
P. Grosser, La Guerre Froide, Documentation Photographique,
la documentation Française, Dossier n° 80055, 2007.
Dernière mise à jour : 10-2010