T ES, L
Les transformations sociales depuis 45 et leurs limites.
Pb : De 1945 à nos jours se succèdent une phase de prospérité, les trente glorieuses et une phase de crise. On assiste dans le même temps à une rapide mutation des technologies. La révolution industrielle fut à l’origine de la constitution d’un monde ouvrier, aujourd'hui les mutations de l'économie ont-elles un impact sur la société? Quelles sont éventuellement les limites de ces transformations sociales ?
I Les mutations de la structure de la population active.
Population active : ensemble des personnes ayant un emploi ou à la recherche d’un emploi.
a) Une tertiarisation de la population active.
Le fait marquant de cette période est la tertiarisation de la population active. En 1975, le secteur tertiaire représente déjà 60 % de la population active aux Etats-Unis contre 50 % en France. Aujourd’hui, le tertiaire représente 72 % de la population active en France et 78 % ( 2009) aux EU. Cette tendance contribue à développer les effectifs des classes moyennes. La proportion d’actifs dans le primaire et le secondaire diminue dans le même temps. Dans les pays développés, les agriculteurs, par exemple, ne représentent plus en moyenne que 5 % de la population active. Dans le secondaire, il convient de noter qu’une catégorie d’ouvriers tend à disparaître avec le développement du toyotisme, la flexibilité et la qualification croissantes exigées des salariées. Il s’agit de l’OS. Les ouvriers spécialisés sont de moins en moins nombreux avec la remise en cause du modèle fordiste. Certains observateurs parlent donc désormais de sociétés postindustrielles (1969 , Alain Touraine).
OS : Ouvrier spécialisés. Désigne en réalité des ouvriers peu qualifiés du système fordiste.
Secteur primaire : ensemble des activités économiques productrices de matières premières (agriculture, exploitations minières)
Secteur secondaire : ensemble des activités économiques de transformation des matières premières en biens productifs ou en biens de consommation (industrie)
Secteur tertiaire : ensemble des activités productrices de sevices.
b) La féminisation croissante de la population active.
On observe effectivement une féminisation croissante de la population active. Désormais en France, les femmes représentent 46,2 % de la population active. Leur taux d'activité est de 63,8% contre 74,9 % pour les hommes. Cette évolution traduit celle des mentalités qui ont largement progressé depuis 1945. Cependant, il est à noter qu’en 2006, des inégalités profondes persistent entre hommes et femmes sur le marché de l’emploi. Le salaire annuel moyen brut des femmes est inférieur de plus de 19 % à celui des hommes dans le secteur privé et semi-public
c) L’augmentation du taux de chômage dans un contexte de crise.
Dans le contexte de la crise, la proportion de personnes sans emploi a augmenté. Au plus fort de la crise, le taux de chômage moyen européen est de 12 %. Il touche en particulier, les jeunes les femmes (le taux de chômage des femmes est de 11,1 % contre 9 % pour les hommes en France en 2005 ), les travailleurs les moins qualifiés et les immigrés.On observe d’une manière générale une hausse de la précarité de l’emploi. Les contrats à durée déterminée (CDD) sont plus courants que les contrats à durée indéterminée (CDI). C’est la fin de l’emploi à vie. Pour certains économistes comme Daniel Cohen, c’est une nécessité pour s’adapter à l’aspect concurrentiel d’une économie mondialisée. Pour d’autres, c’est désormais une insécurité sociale qui fragilise encore plus les moins qualifiés.
d) La question de l’âge d’entrée et de sortie de la population active.
L’évolution de la structure par âge de la population pose la question du financement de la retraite des plus âgés. On assiste en effet, à la fin du baby-boom dès 1960 aux Etats-Unis et en 1965 en Europe. Dans les pays industrialisés, les taux de natalité et l’espérance de vie augmentent. Ces phénomènes se traduisent par une baisse de la proportion de jeunes dans la population et une augmentation de la proportion de personnes âgées. En France, les prévisions concernant l’évolution de la structure par âge de la population pour 2006 sont les suivantes : Moins de 20 ans : 24,8% ; 20 ans à 59 ans : 54,5 % ; 60 ans ou plus : 20,7%. La proportion d’actifs semble insuffisante pour assurer la poursuite du système solidaire de répartition qui permettait aux actifs de financer les pensions des retraités. On assiste également à un phénomène de prolongation des études. La crise touchant en particulier la main d’œuvre peu qualifiée. L’augmentation de la qualification apparaît souvent comme un moyen de réduire les risques d’être au chômage.
II L’évolution de la consommation.
a) L’apparition d’une société de consommation.
Depuis 1945, la consommation des ménages augmente. Leur niveau d’équipement s’élève. En France 96 % des ménages ont un poste de télévision contre 70 % en 1969. On assiste aussi dans les pays industrialisés à une uniformisation des modes de consommation. On observe une baisse de la part réservée à l’alimentation dans les budgets des ménages des pays industrialisés. On constate également une augmentation des achats de biens durables ( logements) ou semi-durables ( voitures électro-ménager). La part des dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et aux loisirs s’élève aussi. Par exemple, en France entre 1959 et 1975, le budget des loisirs a été augmenté de 50 %. Dans le monde, le tourisme représente 423 milliards de dollars de recettes. Certains comme John Kenneth Galbraith ont pu parler de société d’abondance ( affluent society-1958). C’est d’ailleurs le mode de vie urbain qui tend à se développer dans ce contexte.
Société de consommation : Société des pays développés où la raison d’être principale est l’acquisition de biens matériels ou de services sans cesse renouvelée.
b) Eléments d’explication
Ce phénomène est lié à l’augmentation du niveau de vie. Les gains de productivité obtenus grâce aux progrès des modes de production ont permis une baisse des prix réels. En outre, dans l’ensemble, les salaires ont augmenté. Le développement de l’Etat-providence au sortir de la guerre jusqu’à la crise a contribué à ce phénomène. Enfin, il faut observer que le développement de la consommation de loisirs est autorisé par la diminution du temps de travail. En France en particulier, le nombre de semaines de congés payés passe de 3 en 1956 à 4 en 1968 à 5 en 1981.
c) Des limites.
Cependant, le développement de la société de consommation a des limites. En effet, la crise a laissé de côté une population toujours plus nombreuse d’exclus de la société d’abondance. C’est Réné Lenoir qui en 1974 à défini la notion d’exclusion en France. Le nombre de pauvres aux États-Unis est de 37 millions d'individus en 2005 soit 12,6 % de la population américaine (près de 300 millions d'habitants) . De plus 46 millions de personnes sont exclues de toute couverture sociale. Ces personnes ont des revenus inférieurs à 9973 $ par an pour une personne seule et à 19 971 $ par an pour quatre personnes. Il existe donc dans les pays industrialisés une fracture sociale. Depuis les années 90, la pauvreté redevient apparente ( SDF, sans-abris en France ; homeless aux EU et au RU).
Conclusion :
Les mutations des modes de production ont eu un impact réel sur la société. Le phénomène de tertiarisation se vérifie dans tous les pays développés. L’impact de la crise sur les sociétés des économies les plus riches est également marquant. En effet, dans ce contexte se sont développés le chômage et l’exclusion. Cependant l’élévation générale des niveaux de vie et d’équipement permettent désormais de parler de société de consommation voir d’abondance. Cette consommation a certainement favorisé la croissance mais certains aujourd’hui posent la question de la validité de ce modèle dans un monde dont le niveau des ressources est limité. La société de consommation est-elle compatible avec un développement durable ?
Bibliographie :
Beltran (A) ,Griset ( P) Histoire des Techniques aux XIXème XXème siècles . Cursus, Colin.
Caron ( F), Histoire économique de la France XIXème XXème siècles , A Colin.
Mattelart Armand , Histoire de la société de l'information , repères La Découverte 2003 .
Dernière mise à jour 11/09