La société française de 1945 à nos jours

 

Pb : comment évolue la société française depuis la seconde guerre mondiale.

 

I L'évolution de la structure de la population française.

a)     Une tertiarisation  de  la population active.


La structure de la population active est modifiée. La proportion d'actifs dans le secteur primaire ne cesse de baisser (2,71 % de la population active-2007). C'est le secteur secondaire qui dans un premier temps a vu ses effectifs gonfler pour atteindre son apogée en 73. Mais la part des ouvriers dans la population active a, par la suite diminué (24,47 % de la population active-2007). Par contre, la part des actifs dans le secteur tertiaire connaît une progression constante (72,82 % de la population active-2007). On assiste donc à une tertiarisation de la société et de l'économie. Dans ce domaine, on observe également un recul du travail indépendant. Dans le contexte de crise le chômage et l’exclusion s’aggravent. Le taux de chômage en France est désormais supérieur à 8% (Février 2009) en France.

b)     Une population de plus en plus urbaine.


Cette évolution s'accompagne d'une urbanisation croissante de la population française à la suite d’un long processus d'exode rural. Le taux d'urbanisation s'élève aujourd'hui à 73%. Pendant les « trente glorieuses », l'urbanisation est d'abord essentiellement verticale (multiplication des habitats collectifs en immeubles) avant de s'épandre avec le développement de l'habitat pavillonnaire. (230 000 maisons individuelles construites en 77).
 

c)     Un vieillissement de la population.

 

On assiste également à un vieillissement de la population. Ainsi, les moins de 20 ans représentent 25,7 % de la population française, les 20 à 59 ans, 53,9 % et les 60 ans et plus : 20,4 %. L'âge médian s'élève à 38 ans. On assiste cependant actuellement à un redressement de la natalité. L’ISF pour l’année 2006 est de 2 enfants par femme en âge de procréer.

 

ISF : Indice synthétique de fécondité. Nombre d’enfants par femme en âge de procréer.
Age médian : âge qui sépare la population  en deux groupes d’effectifs égaux.

 

d)     Les composantes de la population française.

 

La population étrangère appelée pendant les "trente glorieuses" pour soutenir l'effort économique (Elle passe de 1.7 d'étrangers en 54 à 3.4 millions en 75), a complété la composition de la population française. Les étrangers sont au nombre de 3 510 000 (chiffre 2004). (Attention ne pas confondre avec le chiffre du nombre d’immigrés : 4,9 millions-2004-dernières données disponibles). Ainsi  1999, 14 millions de Français avaient un parent ou un grand-parent immigré, soit un français sur quatre.

 

II La place des femmes dans la société française.

 

E n 1949, dans le « Deuxième sexe », Simone de Beauvoir démontrait comment dans nos sociétés patriarcales, les femmes restaient sous la domination des hommes en situation d’infériorité à travers le mariage, les  traditions, la religion, etc…Ce livre devient l’une des références des mouvements féministes.

Du milieu du 20ème siècle à nos jours la place des femmes dans la société a-t-elle évolué ? 

a)     Des progrès.

 

Dans le couple et la famille, après avoir longtemps été considérées comme d’éternelles mineures, les femmes mariées obtiennent en 1965, le droit de travailler sans l'accord de leur mari et de disposer librement de leur salaire (ouverture d’u compte en banque par exemple. A partir de 1970, l'autorité parentale devient  conjointe est établie. Depuis 2002, les enfants peuvent porter le nom de leur père et/ou de leur mère. Par ailleurs, un certain nombre de mesures, permettent aux femmes et plus largement aux couples, de contrôler leur fécondité. En 1967, la loi Neuwirth autorise la contraception. En janvier 1975, la loi Veil légalise l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle est depuis 1982 remboursée par la Sécurité sociale. Remarque, par ailleurs, la famille aussi évolue : les couples non mariés sont de plus en plus nombreux: la moitié des enfants naissent aujourd'hui hors mariage. Le nombre de familles recomposées, et de familles monoparentales augmente.

 

Dans les domaines de la formation et du travail, la place des femmes progresse également. C’est en 1924, que les femmes obtiennent le droit d’obtenir le même baccalauréat que les garçons. Mais il faut attendre 1971, pour qu’il y ai autant de bachelières que de bacheliers.  Aujourd’hui, il y a plus de bachelières que de bacheliers.  On observe aussi une féminisation de la population active. Le taux d'activité des femmes est de 63,4%  et le taux de féminisation est de 45.7% .


Les femmes gagnent également en responsabilité dans le domaine politique. Elles ont obtenu le droit de vote en 1944, mais c’est en 1991seulement, qu’une femme, Édith Cresson, accède au poste de Premier ministre. En 2000, la loi sur la parité oblige les partis politiques, sous peine de pénalités financières, à présenter aux élections autant de femmes que d'hommes. Des femmes deviennent des responsables de premier plan : en 2005, Laurence Parisot est élue à la tête du MEDEF ; en 2007, Ségolène Royale est  candidate aux élections présidentielles.

 

Taux de féminisation : part des femmes dans la population active.

b)     Cependant, les progrès observés connaissent quelques limites.

 

Les statistiques concernant les violences sexistes montrent qu’elles sont encore le reflet d’une domination des hommes sur les femmes. Ainsi, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon.

Si les femmes ont désormais plus de place à l’école ou dans le monde du travail, des progrès restent à faire. Ainsi, au lycée les filles restent sous représentées dans les filières scientifiques.  En termes de salaires, de profondes inégalités demeurent. Ainsi chez les cadres, en 2005 l’écart de salaire moyen annuel entre les hommes et les femmes se maintenait à 23 %. Les femmes sont particulièrement touchées par le chômage (8.3 % pour les femmes contre 7.1% pour les hommes au troisième trimestre 2008). Elles sont également plus exposées au temps partiel (27% des femmes actives en 2005 contre 5.3 % des hommes actifs en 2005).

 Enfin, dans le domaine politique, on observe que malgré tout, les femmes restent sous-représentées dans les assemblées  (18.2% de femmes députées, 21.9% de sénatrices). Il y a pourtant un peu plus d’électrices que d’électeurs.

Conclusion : même si un certain nombre de mesures et de lois ont permis aux femmes d’avoir une place plus importante dans la société française.

 

III La société française également concernée par la mise en place d’une société de consommation et par l’évolution des pratiques culturelles.

 

a)     Une société de consommation de pays développé.

 

La société de consommation observée par l’économiste américain John Kenneth Galbraith, est une réalité en France aussi. Jean Baudrillard y voit d’ailleurs un aspect structurant des sociétés puisque la consommation permet désormais aux individus de se distinguer. La croissance  des revenus, la publicité, le développement du crédit, la baisse du temps de travail  entrainent une augmentation de la part des dépenses non essentielles dans les budgets des ménages. C’est ainsi par exemple qu’en France, plus de 49% des français partent régulièrement en vacances l’été.

 

Bien de consommation : produits destinés à la consommation des particuliers par opposition aux biens d'équipement destinés à l'équipement des entreprises.

Société de consommation : Société des pays développés où la raison d'être principale est l'acquisition de biens matériels ou de services sans cesse renouvelés.

 

b)     Le développement de l’accès à la culture.

 

Dans ce contexte d’équipement (en 1959, 9 % des foyers disposent d'un poste de télévision, en 1969, ils sont 70 % et en 1995 le taux s'élève à 96),  on voit émerger une culture de masse.

Dans le même temps on observe un développement de l’accès à l’éducation et à la culture. En 1950, seul 30 % d'une classe d'âge accédait au Bac. En 70, 20% d'une classe d'âge l’obtenait. En 2006, la proportion de jeunes qui ont obtenu le baccalauréat a atteint  63,8 %. On assiste donc à un processus de massification de l’enseignement. Malgré certains progrès l’école ne réduit pas toutes les inégalités : on constate toujours une  sur-représentation des enfants de chefs d'entreprises, des cadres, et d’enseignants dans les classes préparatoires aux grandes écoles qui donnent accès aux fonctions de responsabilité, de décision, d'encadrement. L’Académie de Créteil qui compte 20 % des élèves d'origine étrangère en France reste la dernière pour l'accès au Bac.
L’Etat cherche par ailleurs à développer l’accès à la culture. André Malraux, ministre de la culture de Charles de Gaulle crée les « Maisons de la Culture ». Jack Lang met en place en 1982, la fête de la Musique.

Culture de masse : une culture de masse est une culture produite massivement pour une diffusion massive, indifférente aux origines des destinataires. « Entendons (...) la culture de masse comme une culture produite en fonction de sa diffusion massive et tendant à s’adresser à une masse humaine, c’est-à-dire à un agglomérat d’individus considérés en dehors de leur appartenance professionnelle ou sociale »(Morin E., Sociologie, Paris, Fayard, 1984, pp. 378)

c)     L'évolution de la place de la religion dans la société française.


Au sortir de la guerre, l'église catholique est très présente dans les années 50 elle baptise 9 enfants sur 10.
On observe cependant un processus de déchristianisation en particulier à partir des années 60. Le rôle moral de l'église est contesté et les mentalités changent.. Aujourd'hui 30 à 40 % des français se disent non croyants. La pratique religieuse est en baisse.
Avec l'immigration, l'islam devient deuxième religion de France. Mais comme pour la religion catholique la pratique reste minoritaire. Même si la communauté musulmane, comme la communauté judaïque deviennent plus visibles dans la société.

Conclusion :
Avec la croissance,  le niveau de vie a augmenté, l’état providence s'est développé, l'exode rural a entretenu la modification de la structure de la population active. Pour soutenir cette prospérité la France a fait appel à une main d'œuvre venue le plus souvent des anciennes colonies. Si la crise a provoqué une hausse du chômage et une réévaluation du rôle de l'Etat dans la société, elle n'a pas empêché la poursuite de profondes mutations comme le vieillissement de la population, la baisse séculaire du temps de travail, la mise en place d’une société de consommation et d’une culture de masse. Dans le même temps, les femmes se sont progressivement émancipées, même si des progrès restent à faire pour obtenir l’égalité de fait

 

Dernière mise à jour : 04-09.