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Titre : Les territoires de la mondialisation.

Pôles et espaces majeurs de  la mondialisation ; territoires et sociétés en marge de la mondialisation.

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Le genre de sujet qui permet de vérifier si tout a été traité

 

La mondialisation peut être définie comme la mise en relation des différentes parties du monde par la multiplication de flux de natures diverses. Elle peut également être comprise comme une extension à l’ensemble du monde du capitalisme marchand et financier. Cependant à y regarder de plus ou moins près, on constate qu’à différentes échelles, tous les territoires ne s’inscrivent pas de la même façon dans les courants d’échanges de marchandises, de capitaux, de personnes et d’informations.

 

Problématique : on peut donc chercher à définir une typologie (classement) des territoires en fonction de leur participation à la mondialisation. Quels en sont les centres, les pôles majeurs ? Quelles en sont les périphéries, les espaces marginalisés ou dominés ?

 

I Les pôles majeurs de la mondialisation…

a)     La mondialisation est dominée par les pôles de la triade ;…

Les pôles de la triade réalisent l’essentiel de la production et des échanges mondiaux. Il y a quelques années ont désignait ainsi les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon selon la terminologie de Kenichi Ohmae. Désormais, l’approche est plus régionale. L’Amérique du nord, l’Europe occidentale et l’Asie orientale peuvent être considérés comme des centres d’impulsion de l’économie mondialisée. Des organisations régionales comme l’ALENA, l’Union européenne, l’ASEAN renforcent la régionalisation ou continentalisation des échanges.

 

Triade : oligopole dominant la mondialisation constitué par  trois grandes aires de puissances : l’Amérique du nord, l’Europe occidentale et l’Asie orientale.

Régionalisation ou continentalisation : tendance au développement des échanges sur un continent où entre les pays d'une des aires de puissances.

Centre d'impulsion : espace où sont concentrées à différentes échelles des fonctions de commandement politiques, économiques et culturelles. Ils structurent l’espace économique mondialisé.

 

Schéma :

 

b)     ,…, les régions motrices,…

A plus grande échelle, on observe des concentrations de populations, d’activités, de richesses et de centres de commandement dans des régions particulièrement urbanisées et industrialisées. C’est notamment le cas dans les trois mégalopoles de la triade : la mégalopolis américaine (désignée ainsi par Jean Gottmann en 1961), la mégalopole européenne  et de la mégalopole japonaise de Tokyo à Fukuoka.

 

Mégalopolis américaine

 

Mégalopole européenne

 

Mégalopole japonaise

Autre nom

BosWash

Dorsale européenne

Banane bleue

Tokaido

Ceinture pacifique

Extension

800 km

1500-1700 km

1200 km

Population

65 70 millions

70 millions

90-100 millions

Ces mégalopoles ont de commun une urbanisation en continu sur plusieurs centaines de km. Elles sont structurées autour d'un système efficient de transports (Shinkansen, Acela express). On y trouve des marchés boursiers, des centres d'accumulation et de reproduction du capital (banques, bourse) des centres de commandement, de création, d'innovation, des systèmes d'appui aux entreprises (conseil-audit). Elles jouent également une fonction d’interface. La northern range offre une illustration de ce rôle.

 

D’autres  régions s’insèrent bien dans la mondialisation. C’est le cas  des régions motrices du croissant périphérique américain (Californie, Texas, Floride, Puget Sound), du littoral chinois ou du sud-est brésilien. Certains géographes considèrent même que de nouvelles mégalopoles sont en cours de constitution de Shanghai à  Hong Kong, le long du littoral Chinois ou en Amérique latine entre Rio et Buenos Aires en passant par Sao Paulo. La question reste discutée.

 

Interface : zone de contact entre deux espaces différents, animée par de nombreux échanges et qui marque également une discontinuité. On  peut distinguer des interfaces maritimes, continentales, des interfaces ouvertes ou fermées.

Mégalopole : aire urbaine géante en général de plus de 10 millions d'habitants plus ou moins continue aboutissant à une exceptionnelle concentration de personnes, d'activités et de pouvoirs.

 

Schéma interface

Schéma interface maritime

Schéma mégalopole

Schéma mégalopole japonaise

 

c)     les métropoles, …

Un certain nombre de villes concentrent des fonctions de commandement économiques et politiques. Elles ont aussi des fonctions nodales et elles concentrent de nombreuses richesses. Saskia Sassen les désignent comme villes globales  mais on peut également les qualifier de villes mondiales. Il y a débat pour les identifier et pour en définir le nombre. Mais on peut raisonnablement désigner ainsi Los Angeles, New York, Londres, Paris, Shanghai et Tokyo. Toutes ces métropoles constituent un réseau de villes particulièrement bien connectées les unes aux autres. Olivier Dollfus considère qu’elles constituent désormais un Archipel Mégalopolitain Mondial (AMM). Le « nord » n’a pas le monopole de ces métropoles relativement bien intégrées dans la mondialisation. En Inde, MumBay offre un exemple de cette participation. 

 

Ville globale : ville du sommet de la hiérarchie urbaine.  Il s’agit d’espaces densément peuplés, associant des fonctions de centres de commandement  et de nœuds de communication à des fonctions distractives, éducatives et innovantes.

Archipel mégalopolitain Mondial : ensemble des villes mondiales étroitement connectées en réseaux, organisant le monde et nouant des relations privilégiées.

Métapole : espace urbain et rurbain dont une partie des habitants, des activités économiques et des territoires sont intégrés dans le fonctionnement quotidien d'une métropole

Métropole : pôle urbain majeur doté de fonctions de commandement et d'activités de niveaux nationale et international et exerçant un rayonnement sur un vaste territoire.

Mégapole : très grande ville de plus de 8-10 millions d'habitants.

 

Schéma AMM

Le pentagone des villes européennes .   

Schéma métropoles américaines 

 

 

d)     les hypercentres

Dans les métropoles, les hypercentres se distinguent le plus souvent dans le paysage par la skyline que dessinent les gratte-ciel du Central Business District (CBD). C’est là que se concentrent les fonctions décisionnelles de la mondialisation. Dans le quartier de Pudong à Shanghai, on distingue facilement la Shanghai Tower (la plus grande), le World Financial Tower  (décapsuleur) et la tour de la perle orientale. On voit désormais apparaître des centres secondaires. C’est le cas en périphérie immédiate de New York où se trouvent les tours de Jersey City.

 

Edge cities : terme construit par l'écrivain américain Joel Garreau pour désigner des espaces où se concentrent des bureaux, des centres commerciaux ou de loisirs en dehors du traditionnel centre des villes. Il s’agit de pôles d'emploi périphériques, spécialisés souvent dans la finance, l'industrie de l’information, le high tech et les surfaces commerciales.

 

Central Business District (CBD) : centre d’affaires où se concentrent des activités à très forte valeur ajoutée financière (sièges sociaux, sociétés spécialisées dans les transactions, banques d’affaire, etc) (d’après Géoconfluence)

 

II … se distinguent des territoires marginalisés ou dominés.

 

a)     Les suds, …

Dans ce contexte les suds participent moins à la mondialisation. A titre d’exemple, Sylvie Brunel estime que le continent africain ne représente que 2% des échanges mondiaux. D’une manière plus générale, les pays en développement ne représentent que 16% des échanges commerciaux dans le monde. Le maintien de fortes inégalités de développement favorise les flux migratoires sud-nord. Dans un contexte de grande misère, le secteur informel est une alternative. Les territoires du sud s’inscrivent également dans les flux de la mondialisation illicite.

Le tiers-monde n’est cependant pas homogène. On peut notamment distinguer les Pays les Moins Avancés (PMA) qui sont relativement marginalisés des Nouveaux Pays Industrialisés (NPI) ou  des Pays à Revenus intermédiaires (PRI) qui s’insèrent de différentes façons dans les flux de la mondialisation et dans la nouvelle division internationale du travail. L’émergence de la Chine, de l’inde et des nouveaux pays industrialisés d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud brouille un peu plus les cartes,  car des ces conditions, il devient plus difficile de dessiner la limite nord-sud. La question se pose désormais de savoir où elle passe au nord ou au sud de la Chine ?

 

Nouvelle division internationale du travail : désigne la spécialisation de pays ou de régions du globe dans des productions particulières en fonction d'avantages comparatifs espérés.

 

b)     les régions périphériques, …

Le cas chinois est aussi révélateur des disparités internes qui caractérisent les Etats. La Chine intérieure ne reçoit en effet qu’une très faible part des IDE entrants. En dépit des réserves qu’elle abrite, elle ne réalise qu’une faible part du PIB chinois. Cette situation caractérise également d’autres régions périphériques, voir ultrapériphjériques. De ce point de vue, cette situation est comparable à celle de l’Amazonie au Brésil ou du Sahara sur le continent africain. Mais, il convient de nuancer  le propos ici, en dépit des contrainte et du niveau limité des équipements, l’enclavement  et l’isolement de ces territoires est relatif.  Ainsi des courants d’échanges animent le Sahara. De plus des efforts d’équipement sont réalisés. C’est notamment l’objectif du programme d’équipement de l’Initiative d'intégration de l'infrastructure de la région sud-américaine (IIRSA) qui prévoit la réalisation de routes de voies de chemin de fer à travers le continent.

 

Enclavement : caractère d’un territoire situé à l’écart des grands axes de communication ou isolé pour des raisons géopolitiques.

 

Schéma Chine

Schéma Brésil simplifié

 

c)     les quartiers défavorisés.

Pour terminer, les métropoles du nord comme du sud présentent des disparités socio-spatiales. New York, ville globale, compte un certain nombre de quartiers défavorisés, de ghettos qui abritent  les « perdants », les « laissés pour compte » de la mondialisation. Dans les métropoles du Sud, les quartiers d’habitat précaire (bidonvilles, favelas, ranchos, slums) ont tendance à s’étendre. C’est bien l’absence d’accès aux réseaux d’assainissement, d’eau ou d’électricité qui caractérise ces quartiers d’habitation spontanés.  En matière d’aménagement urbain, la politique des autorités oscille entre « déguerpissements » selon l’expression africaine qui désigne les expulsions et consolidation.

 

Conclusion : La participation des territoires à la mondialisation est donc très inégale. A différentes échelles, on observe, en effet, qu’un certain nombre de centres se distinguent de territoires marginalisés ou en situation périphérique. Il serait cependant erroné d’opposer simplement les territoires du nord  à ceux du sud. Les disparités et l’inégale intégration s’observent dans les pays développés comme dans les pays en développement, dans les métropoles du nord comme dans les métropoles du sud.

 

Auteur : Nérée Manuel

 

Dernière mise à jour : 06/14

 

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