Le bilan matériel, humain et moral du conflit.
La Seconde
Guerre mondiale dure 6 ans et s'entend à quasiment l'ensemble de la
planète. Mobilisant des moyens de
destruction de masse, ce conflit a fait de très nombreuses victimes et détruit de
vastes territoires.
Problématique : Quel bilan peut-on faire de la Seconde Guerre mondiale ? Quel tableau peut-on présenter du monde à l'issue de ce conflit ? Bouleverse-t-il les rapports de puissances ?
Puissance : La puissance d’un Etat est déterminée par sa capacité à tirer parti de la combinaison de différents facteurs (poids démographique, superficie, ressources naturelles, richesse économique, capacités militaires, poids dans les institutions internationales, rayonnement culturel) pour imposer sa volonté aux autres Etats.
I Des pertes humaines sans précédent.
La
Seconde Guerre mondiale a été la plus meurtrière de tous les temps. Les pertes
humaines furent très lourdes. La guerre fit entre 55 et 60 millions de morts au
total. Les victimes sont en majorité des civils
(30 millions). L'URSS avec 27 millions de victimes fut particulièrement
touchée. En Chine, le bilan est de 10 à 20 millions de morts. L'Allemagne
compte 8.6 millions de victimes et la Pologne 5.7 millions. Remarque : en
France, le second conflit mondial a fait 6 fois moins de victimes que la
première guerre mondiale (600 000 morts). Les explications de ce bilan sont
multiples. Pour commencer, le bilan des génocides est abominable. Selon les estimations entre
5,5 à 6 millions de juifs furent victimes de cette politique d'extermination.
Environ 1,3 millions de juifs furent massacrés notamment par les einsatzgruppen, 3 millions furent assassinés dans les camps
de concentration et 800000 moururent de faim ou de maladie dans les camps de
concentration ou les ghettos. Entre 200000 et 400000
tziganes de l'Europe entière furent également tués. Ensuite cette guerre s'est généralisée. Les bombardements se sont étendus aux zones
civiles. L'utilisation de l'arme atomique est d'ailleurs pour conclure
le conflit. (Hiroshima 80 000 morts - Nagasaki 20 000). La nature de ce conflit
explique également que le nombre de victimes civiles soit supérieur à
celui des militaires. A ces pertes s'ajoutent la diminution des naissances et
l’augmentation de la mortalité dues aux conditions de vie pendant la
guerre.
Il faut ajouter à ce bilan humain, les conséquences des déplacements de populations. En 1945, 50 millions de personnes sont déplacées en Europe. Certains peuples du Caucase ou de Crimée, coupables de collaboration avec les nazis pour Staline sont même déportés dans des goulags.
Génocide : Terme créé en 1944 par le juriste Raphaël Lemkin. Extermination systématique, au nom d’une conception idéologique, d’un groupe racial, national, ethnique, religieux, etc…
Le terme Shoah qui signifie catastrophe en Hébreux est réservé au génocide juif.
II Des
destructions matérielles qui affaiblissent l'Europe.
Elles sont nettement supérieures à celles de la première guerre mondiale. Elles sont estimées entre 1000 et 2 000 milliards de $, dont la moitié dans la seule URSS. Les destructions concernent surtout les villes (les villes allemandes sont rasées à 70 %). En Pologne 74% de l'équipement ferroviaire est détruit. Les productions ont beaucoup baissé et les Etats sont très endettés. Ces destructions ont affecté durablement les économies des pays d'Europe. En France, deux millions de logements, soit environ 15% du parc immobilier, sont détruits, Mais le chiffre global masque une grande inégalité de situations : des villes telles Le Havre, Saint-Malo au Brest sont détruites à 80%. La production agricole et industrielle chute de 30 % à 70 % par rapport à 1939. Seuls les Etats-Unis qui n'ont pas connu la guerre sur leur sol voient leurs productions augmenter. Ils deviennent également à l'occasion de la guerre les créanciers du monde.
III Un conflit
qui ébranle les consciences : le bilan moral.
La
guerre a également affecté moralement les sociétés. La découverte ou du moins
le dévoilement total du génocide bouleverse des populations qui dans
certains cas refoulent ce passé
douloureux. Mais tous les enseignements n'en sont pas tirés. Les violences se
poursuivent après le conflit. Elles concernent les juifs en Pologne jusqu'en
1946. On assiste à de véritables pogroms. En Allemagne l'Armée rouge se rend
coupable de viols de masse. Certains peuples se déchirent comme en France à
l'occasion de l'épuration sauvage. Ailleurs de véritables guerres civiles comme
en Grèce où elle oppose, résistants communistes et non-communistes. La Chine,
elle garde le douloureux souvenir des opérations menées dans le cadre de la
politique japonaise du Sankô Sakusen. Le
bilan est de 2.7 millions de victimes civiles. Cette question détermine
aujourd'hui encore les relations entre les deux pays. Enfin, des interrogations
portent sur l'utilisation à deux reprises de la bombe atomique contre
une nation non-occidentale. Etait-elle politiquement et militairement
nécessaire ? Quel intérêt pouvaient avoir les Etats-Unis à l'utiliser ?
Sankô Sakusen : "politique des
trois tout" (tout tuer, tout brûler, tout piller" )
Stratégie menée par les Japonais en Chine
qui consiste à incendier des villages, confisquer les productions
agricoles et réduire la population en esclavage.
Conclusion : le lourd bilan de la Seconde Guerre mondiale a donc traumatisé les populations touchées. Au sortir du conflit, celles-ci restent dans l'attente de réponses à leurs interrogations. Comment empêcher qu'un nouveau conflit ne survienne ? Quelles seraient les conséquences d'un affrontement nucléaire ? Que faire des responsables des crimes de masse et de ceux qui les ont aidés ?