Les bases d’un nouvel ordre international (création de l’ONU, Bretton woods)


Le monde sort dévasté des six ans de conflit de la Seconde Guerre mondiale. Avant même la fin de la guerre,  des solutions sont recherchées au niveau mondial pour empêcher de nouveaux conflits.

Quelles sont les solutions proposées à la fin de la guerre pour empêcher un nouveau conflit ?

 
I Créer une organisation internationale.       
a) Les objectifs de l'ONU.

Dès Février 1945, Roosevelt, Staline et Churchill annoncent à la conférence de Yalta  la création d’une « organisation internationale générale en vue de maintenir la paix et la sécurité ». Le 26 Juin 1945 est signée à San Francisco, la Charte donnant naissance à l'ONU. Ses objectifs sont les suivants : maintenir la paix, contribuer au développement économique, social, et sanitaire des Etats, participer à la protection du patrimoine culturel des nations, garantir les droits de l'homme et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.


b) Ses institutions et ses moyens.

L'Assemblée Générale de l'ONU compte  à l'origine en 1945 51 membres (aujourd'hui 193).C'est le principal organe de délibération. Le Conseil de Sécurité est le seul à pouvoir prendre des décisions. Il est chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Il est composé de 15 états membres. Cinq d'entre eux sont membres permanents et ont un droit de veto sur les décisions du conseil : (Chine, E-U, France Royaume -Uni , Russie). Les autres Etats sont membres non-permanents. Le secrétaire général de l'ONU assure les fonctions administratives de l'ONU et peut jouer un rôle diplomatique. L'ONU a le moyen de mobiliser une force internationale pour tenter d'imposer la paix. Il s'agit des casques bleus. Ces missions sont constituées de troupes fournies par les Etats membres

 

Schéma : l’ONU

 

Décision multilatérale : décision prise à plusieurs.


II La mise en place du système de Bretton Woods pour établir la stabilité économique.

Dans l’esprit de la Charte de l’Atlantique signée en 1941, les signataires des accords de Bretton Woods en 1944, entendent jeter les bases d’une nouvelle prospérité, garante à leurs yeux d’une paix durable. Le système du même nom repose sur l’étalon de change-or, ou Gold Exchange Standard. L’or est la valeur de référence universelle. Le dollar, monnaie de référence internationale, est lui même convertible en or : 31.10 g d’or = 35 $. Les Etats-Unis détiennent d’ailleurs à ce moment là les 2/3 du stock d’or mondial. Les monnaies ont donc des parités fixes (ou presque) par rapport à l'or ou au dollar. Les monnaies sont ainsi stabilisées et liées entre elles par le système monétaire international (SMI). Il s’agit de créer des conditions favorables à la reconstruction et au commerceA Bretton Woods fut également mis en place un Fonds Monétaire International (FMI), financé pour 1/4 par les EU pour venir en aide, par des prêts à court terme, aux pays dont la stabilité monétaire est menacée. Une Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) est également fondée, les EU en assurent alors le financement à hauteur de 35 %. Elle accorde, elle, des prêts à long terme.

Schéma  : le système de Bretton Woods  

Charte de l’Atlantique : cette déclaration  signée par Roosevelt et Churchill en 1941 réaffirme le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le principe de libre circulation des marchandises et de collaboration économique.

III Juger les criminels de guerre.

En février 1945, à Yalta en Crimée, Churchill, Roosevelt et Staline prévoient de juger les criminels de guerre. Conformément à ces engagements, un bataillon de juristes alliés s’engage donc dans la préparation du procès qui se déroule de novembre 45 à  octobre 46 à Nuremberg.

 

a) Qui est jugé ?

Pour Nuremberg, en l'absence d'Hitler qui s'est suicidé le 30 avril, les Britanniques, les Américains, les Français et les Soviétiques finissent par s’entendre sur le principe de juger 24 responsables et plusieurs organisations comme les SA et les SS. Mais seuls 21 d’entre eux sont physiquement présents.

 

b) Pour quels motifs ?

Les responsables sont accusés de complot, de crime contre la paix, de crime de guerre et de crime contre l'humanité. 

 

Crime contre l'humanité:  Cette notion juridique désigne l'assassinat, l'extermination, l'asservissement, la déportation, la persécution ou tout acte inhumain commis pour des motifs politiques, raciaux ou religieux à l'encontre d'une population.

Crime de guerre : Ce sont les violations des lois et des coutumes de la guerre (mauvais traitements infligés aux prisonniers et aux civils, exécutions sommaires, travaux forcés, pillages, destructions ou dévastations sans motifs militaires).

 

c) Quels verdicts ?

Le procès se déroule selon la procédure accusatoire anglo-saxonne. Les accusés sont défendus par des avocats. Les preuves écrites servent de base aux audiences. Après près d’un an de procès, sont condamnés à la pendaison Göring, von Ribbentrop, Keitel, Kaltenbrunner, Rosenberg, Frank, Frick, Streichner, Sauckel, Jodl, Seyss-Inquart et Bormann (absent). Hess, Funk, Dönitz, Raeder, von Schirach et Speer sont condamnés à la prison. Schacht, von Papen et Fritzche sont acquittés.. Certains condamnés à vie comme Funk ou Reader sont libérés avant la fin de leurs peines.

Face à de tels crimes, le procès de Nuremberg a montré la nécessité de mettre en place une justice pénale internationale. On le voit tous les responsables de crimes pendant la Seconde Guerre mondiale ne furent pas jugés. De plus certains firent donc au procès de Nuremberg le reproche de mettre en place une justice des vainqueurs.

 

 

Conclusion : A la fin de la Seconde Guerre mondiale, des outils sont donc créées pour tenter d’imposer durablement la paix. L’ONU est une organisation internationale qui cherche à établir la sécurité collective grâce au multilatéralisme. Les criminels nazis sont jugés au moyen d’une justice internationale mais ces procès connaissent des limites. Bretton Woods jette les bases d’une gestion coordonnée des affaires économiques. Mais la question de la durabilité de ce modèle se posera dans les années 70.

Sécurité collective : principe selon lequel la sécurité de chacun dépend de tous.

Multilatéralisme : système de relations internationales qui préfère les négociations, les accords entre les pays et la coopération.